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MARDI 28
FEVRIER
I 19 h
Dans le cadre du troisième séminaire consacré à
"Images et représentations des exils forcés en Europe au XXème siècle"
Liberté
Tony GATLIF, France 2010, 1h51
Sc. : Tony Gatlif ; Int.: Marc Lavoine, Marie-Josée Croze, James
Thierree
Théodore, vétérinaire et maire d'un village situé en zone occupée
pendant la Seconde Guerre mondiale, et Lise Lundi, l'institutrice, font
la connaissance d'une famille de Tsiganes installée sur leurs terres.
L'institutricetente notamment de scolariser les enfants. Mais la joie
et l'insouciance sont de courte durée : d'abord interdits de
circulation, les Tsiganes sont bientôt enfermés dans des camps
spéciaux. La pression de la police de Vichy et de la Gestapo
s'intensifie peu à peu et le danger menace à chaque instant… Liberté
suit les mouvements et les fuites des Tsiganes, ces gens du voyage que
Gatlif célèbre depuis ses débuts. Cette fois-ci, le réalisateur situe
son film à une époque où cette population fut encore plus contrainte
que d'habitude. Dans la France des années 1940, on les appelait
bohémiens, parfois Manouches, plus rarement Tsiganes. Les historiens
estiment aujourd'hui que sur les deux millions de Tsiganes qui vivaient
en Europe avant la guerre, entre 250 000 et 500 000 ont été assassinés
dans les camps de la mort nazis. Liberté raconte l'histoire d'une de
ces familles, arrivée un jour dans un petit village de France, exposée
à la méfiance d'une population qui ne comprend pas son mode de vie, si
opposé au sien, mais aussi aidée par quelques Justes. Pour les
Tsiganes, alors, c'était la sédentarisation ou la mort, et c'est de ce
choix impossible que se nourrit le film de Tony Gatlif, lui-même «
déraciné de l'Algérie », ainsi qu'il se présente. Récit maîtrisé,
tendu, tenu, respectueux de ses personnages, reconstitution à la fois
discrète et attentive, Liberté ne sollicite jamais une émotion qui
advient naturellement, en toute dignité.
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