Cycle Mai 68

du 17 au 29 mai

 

JEUDI 17 MAI 19 h30 Reprise de H. Le Roux , France, 1997, 3h12
MARDI 22 MAI 19 h30 Séance ciné-Tract animée par Tangui Perron, France, 1968, 1h
JEUDI 24 MAI 19 h30 Themroc de C. Faraldo, France, 1973, 1h43
MARDI 29 MAI 19 h30 Au long de la riviere Fango de Soth, France, 1973, 1h55

Si les événements de Mai 68 ont surpris la classe politique, des cinéastes semblent les avoir anticipés. En 1967, Jean-Luc Godard dans La Chinoise filme des intellectuels qui rejettent la société capitaliste et une étudiante dénonçant un système éducatif sclérosé et une culture officielle obsolète ; Marin Karmitz montre des personnages que la société de consommation ne satisfait plus (Sept jours ailleurs) ; Chris Marker filme des ouvriers en grève dont les revendications vont au-delà des traditionnelles augmentations de salaire (À bientôt, j’espère).
Les événements eux-mêmes, leur répression, les soubresauts qui ont suivi en France et dans de nombreux autres pays ont été filmés « sur le vif » pour la télévision, le cinéma, ou par des groupes militants. On retiendra divers numéros des Actualités Françaises, notamment sur la semaine des barricades, quelques minutes d’un Journal Télévisé de l’ORTF diffusé le 27 mai 1968 montrant une manifestation Place Arago à Perpignan, document fourni par l’INA, mais aussi des productions de l’ARC (Atelier de Recherche Cinématographique), comme Le joli mois de mai, qui ne se limite pas à la France. En même temps, d’autres professionnels engagés signaient divers Ciné-tracts, pour promouvoir leurs idées ou dénoncer les brutalités des forces de l’ordre, là aussi en France et à l’étranger.
Des documentaristes ont enregistré pour la postérité des images de grandes grèves de mai-juin 68 : Oser lutter, oser vaincre (Jean-Pierre Thorn,1969), à l’usine Renault-Flins ; Citroën-Nanterre Mai-juin 1968 (Guy Devart et Édouard Hayem), deux documents majeurs sur cette période, tournés en immersion dans les usines occupées.
Le « retour à l’ordre » a également été à l’origine de documentaires, certains considérés comme des classiques : Les Deux Marseillaises (Jean-Louis Comolli et André S. Labarthe, 1968), chronique des élections législatives de juin 1968 à Asnières, et La reprise du travail aux usines Wonder (Pierre Bonneau et Jacques Willemont, 1968), dont une séquence poignante est à l’origine de Reprise (Hervé Le Roux, 1997).
Dans les années 70, plusieurs films insistent sur la nécessité de continuer la lutte, au besoin en employant des moyens violents (Camarades, 1970,et Coup pour coup, 1972, où un patron est séquestré, de Marin Karmitz), par la dérision (L’an 01 de Gébé, Jacques Doillon…, 1973), ou en combinant les deux (Themroc de Claude Faraldo, 1973). D’autres montrent des tentatives pour vivre en inventant de nouveaux modèles de sociétés et soulignent les limites des utopies post-soixante-huitardes (Au long de la rivière Fango de Sotha, 1973). Mai 68 est aussi un moment-clé dans la chronique autobiographique des espoirs et des désillusions d’une certaine jeunesse dans Mourir à trente ans de Romain Goupil (1982).
Par la suite, dans des fictions, Mai 68 est devenu un cadre temporel facilement identifiable, et souvent avec une forte charge symbolique : les sentiments sont exacerbés, les certitudes basculent : Milou en mai (Louis Malle, 1989), Innocents-The Dreamers (Bernardo Bertolucci, 2003), Les Amants réguliers (Philippe Garrel, 2005)…

 

Reprise
Hervé Le Roux, France, 1997, 3h12
Jeudi 17 mai à 19h30
Hervé le Roux réalise en 1997 ce documentaire-enquête lorsqu’il tombe sur un film de 68 « La Reprise du travail aux usines Wonder ». La révolte d’une de ces ouvrières sera le point de départ de son film : il part à sa recherche, 30 ans après, en rencontrant tous les protagonistes pris alors sur le vif, ouvriers, syndicalistes…
A partir de 19h, le salon de thé Le Marabouthé proposera un stand apéritif : vins, et collations à prix doux avant la séance
Ciné-tract
présenté par  Tangui Perron
Mardi 22 mai à 19h30
Tangui Perron, historien des mouvements ouvriers présente et commente cette séance très spéciale : une série de ciné-tract, quelques images de Perpignan en Mai 68 (issues de l’INA) pour un instantané de Mai 68. Les Ciné-tracts, documents peu vus, émanent d’une idée de Jean-Luc Godard suivi par Chris Marker, Alain Resnais et bien d’autres pour en quelques minutes de prises de vues, collages et messages, prendre le pouls de la rue.
Tangui Perron, auteur de L’Ecran rouge,
Syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo
signera son livre à a fin de la séance.
Themroc
Claude Faraldo, France, 1973, 1h43
Jeudi 24 mai à 19h30
Vieux garçon vivant entre sa mère et sa soeur, Themroc est un peintre en bâtiment. Il mène une vie triste et monotone. Un jour, à l’occasion d’un incident avec son patron, il se révolte. Telle une bête fauve, il s’enfuit en rugissant. Il entraîne les habitants du quartier à retourner à l’âge des cavernes. Les forces de l’ordre restent impuissantes et deviennent un gibier que Themroc passe à la broche. Littéralement.
Au long de rivière Fango SOTHA, Fance, 1973, 1h55
Mardi 29 mai à 19h30
Refusant le modèle consumériste et capitaliste, plusieurs dizaines de personnes s’établissent en communauté le long de la rivière Fango. Deux cavaliers, Jérémie et Bild, rejoignent ce groupe. Bild croit qu’il est l’enfant abandonné par Mathilde, la fondatrice de la communauté, tandis que Jérémie est attiré par sa  fille, Maurine… Cette fable écologique, cet hymne au retour à la nature s’inscrit dans l’esprit de certains mouvements post-68.
Mai 1968 – mai 2018
Un documentaire et un livre avec l’Atelier du parti pris
Samedi 26 mai à 18h –  Entrée libre
Kévin Courtois, Bruno Mazel et Giorgio Menegoni, signent un documentaire d’une trentaine de minutes rassemblant les témoignages actuels de ceux qui ont vécu 68, à Paris, à Perpignan et ailleurs.
La projection, introduite par les réalisteurs sera suivie de la présentation du livre Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu, (Editions de l’Atelier / Médiapart).

 

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