Ce mois de janvier sera marqué par un focus sur l’oeuvre du cinéaste indépendant américain Jim Jarmusch.

jarmuschJim Jarmush part pour Paris après des études de littérature. C’est à la Cinémathèque qu’il va découvrir un cinéma différent de celui qu’il voyait jusqu’alors dans son Ohio natal. Il rentre à New York pour y suivre des cours de cinéma et signe un premier film de fin d’études en 1980, à 27 ans : Permanent Vacation, qui trace l’errance d’un jeune homme dans Manhattan. Jim Jarmusch construit depuis le début des années 80 une oeuvre d’une grande cohérence, déjà inscrite dans la veine du cinéma indépendant et minimaliste. En 1984, il réalise son premier long métrage, Stranger Than Paradise, premier volet d’une trilogie urbaine. Ce récit en noir et blanc de deux jeunes Américains d’origine hongroise errant dans une Amérique engourdie fait date dans l’histoire de la nouvelle vague américaine.
Jim Jarmusch trouve son inspiration dans la Nouvelle Vague, le cinéma tchèque des années 1960 et dans l’oeuvre du réalisateur allemand Wim Wenders. En 1986, il réalise un court métrage, Coffee & cigarettes, dont il tournera différentes variations dont une qui obtiendra même la Palme d’or du court métrage à Cannes, et qui deviendra en 2003 un long métrage compilant onze épisodes au casting prestigieux et composite autour d’une tasse de café et de cigarettes : Roberto Benigni, Cate Blanchett, Isaach de Bankolé, Steve Buscemi, RZA…
Avec Down by Law (1987), Jarmusch mélange d’autres influences : bande dessinée, néo-réalisme italien, poésie, rock, série noire. Ses personnages sont toujours des antihéros, des marginaux errants à la recherche d’un ailleurs indéfini et soumis au hasard des rencontres. Mystery Train (1988) conclut cette trilogie.  Il signe ensuite Une nuit sur terre (1990), dans lequel il suit cinq chauffeurs de taxi dans cinq villes américaines. Il réunit Johnny Depp et Robert Mitchum dans Dead Man (1995), faux western poétique et contemplatif tourné en noir et blanc.
Avec Ghost Dog, la voie du samourai (1997), Jarmusch poursuit sur fond de musique rap son exploration d’une Amérique déliquescente, à travers le parcours d’un tueur solitaire et laconique incarné par Forest Whitaker, fasciné par le mode de vie et le code d’honneur des samourais, et confronté à des mafieux dépassés par les temps modernes.
Broken Flowers (2005), présenté à Cannes comme la plupart de ses longs métrages depuis ses débuts, lui vaut enfin une récompense sur la Croisette : le Grand Prix du Jury couronne en effet ce voyage nostalgique et tendre à travers l’Amérique d’un homme (Bill Murray) sur les traces de ses quatre premiers amours.
Après ce film, Jarmusch renoue avec sa manière très distanciée en suivant un tueur à gages (Isaach de Bankolé) dans une mission qui demeure jusqu’à la fin mystérieuse dans The Limits of Control (2009). Only Lovers Left Alive (2013) est l’occasion pour le cinéaste de se pencher à sa singulière manière, mélancolique et contemplative, sur le mythe des vampires.

Mardi 27 janvier à 19h10 Stranger than paradise voir le détail du film ici

Jeudi 29 janvier à 19h10 : Broken Flowers voir le détail du film ici 

Jeudi 29 janvier de 14h à 16h: Chantal Marchon professeure de cinéma et responsable de la saison de l’Institut Jean Vigo donnera une conférence intitulée « Jim Jarmush : vagabondages et quête identitaire ». Une analyse filmique ouverte aux étudiants de l’HEART, de l’Idem et aux adhérents de l’Institut Jean Vigo.

 

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