UNE CINÉ-CONFÉRENCE ET 4 FILMS !
Du mardi 7 au jeudi 16 février, l’Institut Jean Vigo explore le cinéma de Sam Peckinpah et Robert Aldrich, enfants terribles d’Hollywood !
Ces deux cinéastes américains ont bousculé les codes du cinéma hollywoodien. Leurs films au discours politique dessinent une image moins glorieuse de l’Amérique et leurs héros sont des personnages complexes en prise avec la trahison, l’honneur, l’intégrité cherchant d’abord à survivre dans un monde violent.
Mardi 7 février
18h30 : La violence dans le western

Une conférence de Jocelyn Dupont, maître de conférence en cinéma américain à l’Université de Perpignan
19h10 : Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah
Jeudi 9 février

19h10 : Attaque de Robert Aldrich
Mardi 14 février
19h10 : L’Ultimatum des trois mercenaires de Robert Aldrich
Jeudi 16 février
19h10 : Croix de fer de Sam Peckinpah
Sam Peckinpah
indexDevenu l’assistant de Don Siegel, son mentor, il va faire ses premières armes à la télévision et au cinéma. De 1950 à 1961, il participera ainsi à l’écriture et à la réalisation de plusieurs long-métrages, dont le célèbre L’ Invasion des profanateurs de sépultures (1956). En fait, il lui faudra attendre 1961 pour réaliser ses premiers films : New Mexico et Coups de feu dans la sierra.
Cinq années lui permettront de penser et mûrir La Horde sauvage (1969), western crépusculaire que d’aucuns considèrent comme son chef d’oeuvre. Interprété par Warren Oates, William Holden ou encore Ernest Borgnine, cette oraison funèbre du genre est restée célèbre pour sa gigantesque fusillade finale.  Avec la Horde Sauvage, c’est une certaine idée du Western que le réalisateur a enterrée. Relancé, Peckinpah va alors enchaîner les films, enrichissant sans cesse une oeuvre obsédée par la violence, son expression et ses motivations. Chiens de paille (1971) notamment osera un viol plein cadre, bien plus explicite que celui d’Orange Mécanique sorti la même année. Le scandale fut tel que la version non-censurée resta à jamais invisible dans les cinémas de Grande-Bretagne. La suite, même moins scandaleuse, ne s’assagira jamais. Le Guet-apens (1972), Pat Garrett et Billy le Kid (1973), Apportez Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia (1974) et surtout Croix de fer (1977) devinrent cultes, tant pour leur violence esthétique que pour leurs résonances pessimistes. Mais, ravagé par l’alcool et la cocaïne, Peckinpah va alors sombrer. Ses deux derniers films, Le Convoi(1978) et Osterman week end (1982), ne rencontrent aucun écho, ni critique, ni public. Le réalisateur meurt finalement en 1984, victime d’une crise cardiaque. Père spirituel de John Woo, Martin Scorsese, John Carpenter et Michael Mann, Sam Peckinpah restera comme un précurseur, célèbre pour son usage du ralenti, ses gunfights sanglants et sa vision, très noire, de l’humanité.
Robert Aldrich

Robert-Aldrich-sur-le-tournage-de-LUltimatum-des-trois-mercenairesIl rallie Hollywood en 1941 pour entrer à la RKO, en tant que modeste employé à la production. Réformé, il monte progressivement en grade, jusqu’à devenir l’année suivante 2nd-assistant réalisateur (pour Robert Stevenson, Irving Reis, Edward Dmytryk, William A. Seiter ou Leslie Goodwins) puis premier assistant en 1945, après avoir quitté la RKO l’année d’avant. Durant cette période, Aldrich se forme et œuvre ainsi sous la férule de Jean Renoir (L’Homme du Sud), William A. Wellman (Les Forçats de la gloire), Lewis Milestone (à quatre reprises, notamment pour L’Emprise du crime et Arc de Triomphe), Robert Rossen (Sang et or), Richard Fleischer (So this is New York), Abraham Polonsky (L’Enfer de la corruption), Max Ophüls (Pris au piège), Joseph Losey (M, Le Rôdeur) ou Charlie Chaplin (Les Feux de la rampe). Sa carrière de réalisateur débute à la télévision, où il officie à la tête de séries, avant de se voir offrir par la MGM sa première chance en tant que réalisateur de cinéma en 1953, avec Big Leaguer. Son deuxième long, Alerte à Singapour, suivra dans la foulée, ainsi que le troisième, devenu depuis un classique : Bronco Apache (1954), western pro-indien emmené par Burt Lancaster, remporte un vif succès. Les deux hommes se retrouvent la même année pour Vera Cruz, nouvelle référence du genre et nouvelle réussite commerciale. La carrière du subversif Robert Aldrich est définitivement lancée, et le cinéaste, dont les opinions libérales le portent assez peu au consensualisme, produit lui-même son long métrage suivant, En quatrième vitesse (1955), film noir sur fond de menace nucléaire et de mccarthysme. Le succès du film autorise Robert Aldrich à monter sa société de production, avant de porter à l’écran Le Grand couteau, pièce de Clifford Odets et portrait au noir du milieu hollywoodien, avec Jack Palance et Rod Steiger. Si le réalisateur, très apprécié par la critique européenne (et française), récolte avec ce film le Lion d’argent à la Mostra de Venise, et si la postérité rendra justice au Grand couteau, l’échec de ce dernier est un premier coup d’arrêt. En 1956, Robert Aldrich offre donc ses services à la Columbia et réalise Feuilles d’automne, qui remporte cette fois l’Ours d’argent à la Berlinale. Opérant de nouveau sous le pavillon de sa société, The Associates & Aldrich Company, le cinéaste dirige le film de guerre Attaque !, deuxième collaboration avec Jack Palance. Débarqué par la Columbia du tournage de Racket dans la couture (1957), devenu indésirable aux Etats-Unis, mais bien mieux reçu en Europe, Robert Aldrich va bientôt traverser l’Atlantique. Réalisateur « itinérant », il tourne ainsi Tout près de Satan (1959), Trahison à Athènes (1959) ou Sodome et Gomorrhe (1962), en collaboration avec Sergio Leone, après un crochet sur le sol américain pour El Perdido (1961), qui met en vedette Rock Hudson et Kirk Douglas. Période difficile, marquée par plusieurs échecs, pour Robert Aldrich qui ne retrouvera véritablement la faveur du public et les plateaux US qu’avec Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? en 1962, nouvelle variation méta-hollywoodienne portée par Joan Crawford et Bette Davis. Après un western avec Frank Sinatra (Quatre du Texas, 1963), il retrouve cette dernière pour Chut, Chut, chère Charlotte en 1964. L’année suivante, Le Vol du Phénix est un échec commercial, malgré la présence au générique de James Stewart et, là encore, la postérité du film. Robert Aldrich rebondit dès 1967 avec Les Douze salopards, film de guerre badass qui exalte la sombre vision de son réalisateur, et son goût pour la mise en scène de la violence. Le film est un vaste succès, au point qu’Aldrich acquiert alors ses propres studios, fait rarissime pour un cinéaste. Les films qu’il y réalisera ne connaîtront toutefois pas un sort aussi favorable. Se succèdent Le Démon des femmes (1968), Faut-il tuer Sister George ? (1968), Trop tard pour les héros (1970), et Pas d’orchidées pour Miss Blandish (1971). Le réalisateur rend ensuite Burt Lancaster à sa Fureur Apache (1972), mais finit par être obligé de vendre ses studios. En 1973, il retrouve Lee Marvin et tourne L’Empereur du Nord pour la Fox. Robert Aldrich renoue par la suite avec le succès, via une double collaboration avec Burt Reynolds (Plein la gueule, 1974, et La Cité des dangers, 1975). Mais ses réalisations suivantes seront moins heureuses, même si elles permettent à Aldrich de diriger une dernière fois Burt Lancaster (L’Ultimatum des trois mercenaires, 1977), puis le jeune Harrison Ford (Un rabbin au Far West, 1979). Le cinéaste, régulièrement incompris ou rejeté outre-Atlantique, et qui se sera illustré aussi bien dans le western que le drame, le film de guerre ou la satire, tourne en 1981 ce qui restera son dernier film, Deux filles au tapis, sur l’univers du catch féminin. Il décède deux ans plus tard, à l’âge de 65 ans, des suites d’une insuffisance rénale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.