Partenaire de la Ligue des Droits de l’Homme 66, l’Institut Jean Vigo présentera ce mardi 22 avril le documentaire de Rithy Panh, L’Image manquante, sur les horreurs du régime Khmer rouge au Cambodge.

Aux films de propagande offrant une vision faussée de la réussite d’une révolution soldée par un génocide, en donnant à voir un pays qui n’existe pas, Rithy Panh oppose d’autres images mettant en scène des figurines en terre cuite révélant la face cachée de ce qui s’appelait alors le Kampuchéa démocratique. Sculptées face à la caméra, les figurines très expressives ont le pouvoir de réveiller la mémoire comme dans un rituel. Commenté par une voix-off parlant à la première personne, le film se présente comme une quête où l’histoire personnelle du cinéaste se double de la recherche de la photo introuvable d’une exécution. N’arrivant pas à mettre la main sur cette image, Rithy Panh comprend qu’il faut accepter le fait que certaines images doivent manquer toujours, l’enjeu du cinéma étant alors de les inventer.

L’image manquante a reçu le Prix Un Certain regard / Festival de Cannes 2013.

Rithy Panh

Né en 1964 à Phnom Penh au Cambodge, Rithy Panh est interné à l’âge de 11 ans, comme tous les Cambodgiens, dans les camps khmers de réhabilitation par le travail. Quatre ans plus tard, en 1979, il parvient à s’échapper et arrive au camp de réfugiés de Mairut, en Thaïlande. Un an plus tard, il s’installe en France et en 1985, il entre à l’IDHEC. Devenu réalisateur, il possède aujourd’hui la double nationalité. Il a dédié la plupart de ses films à son pays d’origine, traumatisé par un génocide d’une violence extrême – 2 millions de Cambodgiens, soit un sur quatre, exterminés en quatre ans. Rithy Panh consacre son travail à l’histoire de son pays, à un travail de mémoire et de recherche d’une identité cambodgienne à reconstruire.

 

 

 

 

 

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