Description de l'évènement

Affiche de "La 5ème victime" de Fritz Lang

Affiche de « La 5ème victime » de Fritz Lang

Quand Robert Ressler, agent du FBI, prononça les mots « serial killer » au début des années 70, afin de décrire un type de criminel récidiviste, il n’a certainement pas anticipé à ce moment là que ce vocable deviendrait l’une des expressions à la mode de ces dernières années.
Tout le monde « mange » du tueur en série de nos jours : en littérature, au cinéma, en jeu vidéo, à la télévision… le nombre de fictions consacrées à ce type de meurtrier est légion.
Pourtant l’histoire des serial killers ne commence pas avec les années 70. On pourrait remonter jusqu’à Gilles de Rais ou Elisabeth Bathory et sûrement bien au-delà. Mais c’est la fin du XIXème et le début du XXème siècle qui vont donner à l’Histoire deux de ses plus célèbres assassins auxquels le cinéma va s’intéresser rapidement : Jack l’éventreur et Henri Désiré Landru. Le premier va engendrer un nombre incalculable de films, à commencer par The Lodger d’Alfred Hitchcock (1927) ou C’était demain dans lequel le célèbre assassin voyage même dans le temps. Quant à Landru, si Claude Chabrol filme son histoire en 1963, c’est surtout Charlie Chaplin qui va lui donner ses lettres de noblesse avec Monsieur Verdoux.
Le cinéma sera rapidement friand de ces personnages hors du commun, ces « monstres » qui, aussi abjects que puissent être leurs meurtres, nous fascinent et titillent nos pulsions voyeuristes. Il va donc puiser en premier lieu dans les faits divers réels : Albert De Salvo (L’étrangleur de Boston), Marcel Petiot (Docteur Petiot), Raymond Fernandez et Martha Beck (Les tueurs de la lune de miel de Leonard Kastle, 1970, Carmen profond d’Arturo Ripstein et Cœurs perdus de Todd Robinson, 2006) ou encore le tueur du Zodiaque (L’inspecteur Harry et Zodiac). Quand la réalité ne lui suffit plus, il va en créer de toutes pièces, donnant naissance aux terrifiants Norman Bates (Psychose), Hannibal Lecter (Le silence des agneaux) ou John Doe (Seven). Fruits de la société qui les a engendrés, les serial killers nous parlent du monde dans lequel ils vivent. Révolution industrielle pour Jack l’éventreur ou Landru, grande dépression pour M le maudit de Fritz Lang (1931), seconde guerre mondiale pour Petiot, libération des mœurs des années 70/80 (Pulsions, Cruising, Matador) ou évocation des années 80 d’avant la crise qui voient Patrick Bateman, golden boy de Wall Street, assassiner les pauvres, classe sociale qu’il ne peut supporter (American Psycho).

Avec la vulgarisation de la psychanalyse dans les années 50, le cinéma va fournir son lot de traumatisés de l’enfance (par la mère dans Psychose, par le père dans Le voyeur) ou de frustrés sexuels (sexualité refoulée dans Ténèbres, transexualité dans Pulsions, homosexualité dans Cruising). Le serial killer reste très majoritairement masculin. La représentation des serial killers féminins dans Matador de Pedro Almodovar ou Monster de Patty Jenkins (2003) reste une exception.

Affiche devoirs Grinsson pour "L'étrangleur de Boston"

Affiche de Boris Grinsson pour « L’étrangleur de Boston »

Sur le plan scénaristique le « film de serial killer » peut prendre deux directions. Dans la première le film s’attache au personnage du tueur, comme le souligne le titre de l’un d’eux : The killer inside me. Dans une seconde option, le tueur n’apparaît souvent que brièvement, et c’est l’enquête et les enquêteurs qui occupent le premier plan. Des policiers, bien sûr, comme Jules Maigret, Harry Callahan, les duos de Seven et de Memories of murder. Ils sont parfois fascinés et en empathie avec le milieu qu’ils fréquentent (Cruising, Le silence des agneaux). Quand ce ne sont pas les policiers qui mènent l’enquête, ce sont le plus souvent des journalistes obsessionnels (Zodiac) ou plus ou moins cyniques, arrivistes et manipulateurs (La 5ème victime), l’un d’eux allant même jusqu’à utiliser sa femme comme appât. Si le film de serial killer reste majoritairement anglo-saxon, cette exposition vous permettra de découvrir quelques « monstres » venus d’ailleurs, le jeune cinéma coréen en fournissant un lot non négligeable.

Alors méfiance ! Où que vous soyez, vous n’êtes pas à l’abri d’un couteau, d’une hache ou d’un autre « outil » meurtrier plus ou moins sophistiqué !

Bonne visite

Jacques Verdier / Laurent Ballester
Institut Jean Vigo

Exposition réalisée à partir des collections d’affiches de l’Institut Jean Vigo à l’exception de l’affiche de Monsieur Verdoux, collection Laurent Ballester

Du 16 septembre au 30 octobre 2014 à l’Institut Jean Vigo

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Affiche du film « Le silence des agneaux » de Jonathan Demme

Exposition ouvertes les mardis et jeudis avant les projections.

Autres jours et horaires possibles pour les scolaires et les particuliers sur rendez-vous.
Renseignements : 04 68 34 09 39

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