Description de l'évènement

Pierre Jolivet, France, 2002, 1 h 55

Les grands espaces jouent un rôle déterminant dans ce film. Ils sont ici représentés par la Lozère, plus précisément le Causse au-dessus de Sainte Enimie, un des seuls endroits de France, dit Pierre Jolivet, où le regard peut se porter à 360° sans rencontrer un pylône, une maison, un château d’eau. Ils se trouvent encore magnifiés par une image en cinémascope. Or, ils sont filmés par un réalisateur qui n’était pas connu pour cela mais pour des drames urbains à fond social. Le titre l’indique, c’est d’abord l’histoire de deux frères, une histoire de solidarité et de vengeance qui tire le récit du côté du western… Mais un western médiéval : Jolivet dit avoir choisi le Moyen Âge parce que c’est une époque qui a de grandes potentialités esthétiques, et aussi parce qu’il aime les époques de transition. De fait, le cadre temporel du film reste vague mais on est plutôt à la fin de la période comme le prouve la présence des arbalètes qui remplacent les carabines du western. Le traitement stylisé des costumes et des constructions donne un Moyen Âge crédible, universel, où l’on peut se projeter. Cette époque de transition est celle des formes de pouvoir. À la maîtrise des armes va succéder la maîtrise du savoir : ici la connaissance des vertus des plantes qui se transmet par les femmes. Il fallait donc un personnage féminin, un beau personnage volontaire et « moderne » incarné par Mélanie Doutey. Celle-ci passe du savoir transmis oralement à celui des livres. Bien sûr, ces personnages sont des héros des Lumières avancés de quelques siècles ; mais cet anachronisme « nécessaire » fait souvent partie du jeu de la fiction historique, on peut la pardonner à Jolivet au bénéfice de l’efficacité de sa parabole.

Scénario : P. Jolivet, Simon Michaël.
Image : Pascal Ridao.
Musique : Serge Perathoner, Jannick Top.
Interprètes : Vincent Lindon, Guillaume Canet, Mélanie Doutey, François Berléand…

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