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CONFRONTATION 46
Les Arts à l'écran
Vendredi 9 AVRIL 2010
10H00 - Salle Marcel Oms

Les Archives Françaises du film

Paris-Cinéma
(Les Coulisses du cinéma)
Pierre CHENAL
France 1929, Extrait : 8 mn, N&B, Sonore.
Assistant à la réalisation : Jean Mitry ;
Photo : Jean Goreaud et Robert Lègeret

Paris-Cinéma nous fait rentrer dans les coulisses du cinéma par un reportage en trois parties qui propose un aperçu de la fabrication d’un appareil de prise de vues, des techniques d’animation, du travail de mise en scène, de l’installation des décors et des différentes prises de vues en studio, utilisées pour la réalisation d’un film.
Le documentaire permet également de voir la fabrication d’un film vierge, ainsi que le développement et le tirage d’une pellicule. Il suit en partie le tournage du Capitaine Fracasse au studio de la rue Francœur, la mise en scène de Cavalcanti, puis le travail d’Augusto Genina qui, Gare de Lyon, effectue les dernières prises de vue de Quartier Latin. Un véritable document d’archives !

Montparnasse, poème du café crème
Eugène DESLAW
France 1930, N&B, Sonore, 15 mn

Montparnasse au début des années 30. Déambulation poétique et surréaliste où se mêlent quotidien et insolite. Filmé et monté de manière expérimentale, ce document montre la vie du quartier, la circulation des voitures et des passants, les immeubles et les jardins, les ateliers d’artistes, le marché et les puces du boulevard Raspail. Flânerie autour des terrasses des cafés. Les artistes de la “horde du Montparnasse” organisent le “marché aux navets”… Bref, un Montparnasse bouillonnant et culturel !
« Montparnasse d’Eugène Deslaw est une réussite avant-gardiste, où l’œil bascule en permanence, nourri d’insolite et de mouvement. Après avoir surpris la ville de nuit dans Les Nuits électriques (1928), le cinéaste construit une valse rythmée, torsade ses plans dans les sinuosités de la capitale. Plans obliques, plongées déroutantes sur la fourmilière, vues qui glissent et se chassent. Le spectateur, pris d’un somnambulisme visuel, se laisse guider par l’euphorie des images. L’intertitre devient inutile. Deslaw balaie le quartier, ce qui en fait la vie et la misère, avec une minutie qui justifie cette succession d’esthétismes.
Ombres et lumières sont arbitrées habilement et inondent les lignes brisées de tel ouvrage bétonné ou de cette cariatide au dessin sensuel. La caméra se promène entre les tables de La Rotonde et surprend une coquette saupoudrant un nez brillant ou un intellectuel, des révoltes plein le crayon. On y devine Foujita, la clope élégante, ou Buñuel rêvassant devant des mollets qui dansent. Deslaw aime l’insolite  : troupeaux de chèvres, hommes sandwiches, clowns et funambules, clochards, partagent le même périmètre. Ateliers d’artistes, foires et brocantes pavent les trottoirs et rappellent les plus belles heures du foyer intellectuel que fut Montparnasse.» 
Gaël le Bellego

Les Nuits électriques

Eugène DESLAW
France 1930, N&B, Muet, 9 mn

Les grandes villes, Paris, Berlin vues la nuit, uniquement à travers le motif de la lumière électrique. Un défilé d’enseignes lumineuses, de lumière en mouvement, flashes et pluie de lumières, reflets lumineux aboutissant à une pure abstraction de lignes géométriques et de lettres, qui se télescopent par les surimpressions.
« Le film “à acteur” ne me tente absolument pas. J’estime que la vie moderne, peuplée de lumières étranges et chantantes, la nuit moderne qui ne ressemble à aucune autre nuit de l’histoire est photogénique, autant, plus encore que le visage d’une belle femme.(…) Je ne travaillais pas  selon un scénario préconçu. Je sortais le soir avec beaucoup de foi et mon petit appareil que tout le monde prenait pour un appareil photographique. Je me perdais dans la mer, dans la nuit, dans la foule. Je chassais les images comme on chasse les oiseaux. Des vagues sonores déferlaient. Le miracle venait à pas rapides, haletant. Je le saisissais confusément et l’enfermais dans ma boîte.»
Eugène Deslaw, Filmliga, 1928.
Sources, Communiqué de presse.
Centre Georges Pompidou. Art cinéma

Pacific 231
Jean MITRY
France 1949, N&B, Sonore, 10 mn
Adaptation : Jean Mitry et Marc Ducouret ; Images : André Périé (qui était pendant la Seconde Guerre mondiale reporteur-cinéaste pour les Actualités Françaises puis cinéaste officiel de la SNCF), André Tadié et Jean Jarret ; Son :  Georges Leblond ; Musique : Pièce symphonique composée en 1923 par Arthur Honneger “Pacific 231”.

Pacific 231 est le nom de la locomotive à vapeur, véritable vedette principale du film, conduite par l’équipage : Gilbert Parrage et Jean Grangier, sur la ligne Paris-Lille. Au mouvement symphonique “Pacific 231” d’Arthur Honegger, sont associés des images et des sons illustrant la course d’une locomotive : des bruits de sifflets et de machinerie rythment les plans sur les rails, les caténaires ou les roues, de l’intérieur ou de l’extérieur du train, le temps du voyage.
« Il ne s’agit pas ici d’illustrer une œuvre musicale qui se suffit à elle-même. Nous avons seulement tenté de lui donner un équivalent plastique. En accordant, grâce au cinéma, les mouvements, les lignes et les formes (des plus concrètes aux plus abstraites, prises dans la nature même), nous avons essayé d’atteindre à quelque chorégraphie du monde et des choses.»
Ce film a obtenu le Prix du meilleur montage au Festival de Cannes en 1949.

Ceux de chez nous
Sacha GUITRY & Frédéric ROSSIF
France 1952, Muet sonorisé, 43 mn

Court-métrage tourné par Sacha Guitry en 1915 qui voulait faire « une encyclopédie nouvelle », réunissant les personnalités françaises de son temps et les filmer « dans des attitudes les plus familières, c’est-à-dire au travail » en réaction à une proclamation des intellectuels allemands exaltant la culture germanique. On pourra voir Sarah Bernardt, André Antoine, Edgar Degas, Lucien Guitry, Claude Monet, Auguste Renoir, Edmond Rostand, Camille Saint-Saëns et bien d’autres.  C’est un véritable document d’archives qui sera remanié deux fois, en 1939 Guitry en fait une version sonorisée (il avait pris soin de noter mot pour mot les interventions des protagonistes) et complétée par des plans où apparaît son père, Lucien Guitry. La version finale de 1952 inclut les plans tournés par Frédéric Rossif où Sacha Guitry présente et commente. C‘est celle qui est présentée ici.




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