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CONFRONTATION 46
Les Arts à l'écran
Samedi 10 AVRIL 2010
14H15 - Salle Jean Claude Rolland
Centenaire de Jean Genet
Un chant d’amour
Jean GENET
France 1950, 22 mn, muet, N&B
Scénario : Jean Genet ; Photo : Jacques Natteau ; Interprètes : Java, André Reybaz, Lucien Senemaud

Réalisé en 1950, Un chant d’amour est un poème d’une beauté choquante marquant la seule tentative de Jean Genet en tant que réalisateur. Deux prisonniers surveillés par un maton et enfermés dans leur cellule vont trouver comme unique moyen de communication un trou creusé dans le mur. Imperceptiblement, le lieu va devenir un réceptacle des histoires d’amour impossibles.
Jean Genet poursuit sa quête autobiographique commencée en écriture en filmant ce qui découle de ses fantasmes. Égal à lui-même, il bouscule les icônes viriles, avive la passion, célèbre le romantisme. Quand les amants essayent de communiquer entre eux, ce n’est que par le biais de la fumée inhalée par l’un, exhalée par l’autre. Cela reste l’image forte du film.
Le film a été interdit de diffusion à sa sortie en France, il ne sortira qu’en 1975 sous la mention de comédie dramatique, interdit aux moins de 16 ans. Aux États-Unis, le film sera même étiqueté “hardcore pornography” en 1997





Querelle
Rainer Werner FASSBINDER
RFA / France, 2 h
Scénario : R. W. Fassbinder d’après le roman “Querelle de Brest” de Jean Genet ; Photo : Xaver Schwarzenberger ; Décors : Rolf Zehetbauer ; Montage : Juliane Lorenz ; Musique : Peer Raben ; Interprètes : Brad Davis, Franco Nero, Jeanne Moreau, Laurent Malet, Hanno Poschl, Gunter Kaufmann, Dieter Schidor.

Querelle est le dernier film de R.W. Fassbinder. Son adaptation du livre de Jean Genet provoque le choc de deux mythologies, mais c’est aussi l’hommage d’un grand cinéaste à un très grand écrivain. Une sorte de défi, peut-être, que Fassbinder décrivait ainsi : « De par la contradiction qui existe entre l’intrigue objective et les phantasmes subjectifs qui y sont dépeints, “Querelle de Brest” me paraît être le roman le plus foncièrement extrémiste de toute la littérature mondiale. En fait l’histoire en soi, si on l’isole de l’image du monde de Genet, ne présente que peu d’intérêt ; ce n’est qu’une banale histoire policière qui vaut à peine qu’on s’y arrête. Mais il y a, par contre, la façon dont Genet raconte l’histoire, son imagination débordante, qui donnent vie à un monde qui nous paraît tout d’abord étranger, un monde qui semble n’exister qu’en fonction de ses propres lois, et qui trouve sa source dans une mythologie tout à fait extraordinaire.»
Le film raconte l’histoire de Querelle le marin. De son pouvoir de fascination et de séduction sur ceux qu’il rencontre. Une beauté et une personnalité auxquelles on ne résiste pas. Mais avant tout, Querelle est amoureux de lui-même. Il a toute l’ambiguïté de l’ange exterminateur dont la simple présence peut attirer la mort sur ceux qui l’entourent.
Querelle a en lui un secret dont le déchiffrage sera le moteur de l’histoire. Sous un ciel rouge, dans un port français, entre le bar, le bordel, le bateau, la rue et les tours de la citadelle en forme de sexe d’homme, Fassbinder nous convie à une histoire de passion et de liberté.
 


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