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Cités antérieures
Siena, 1992, 7 mn 20
Brugge, 1995, 11 mn 30
Christian BOUSTANI
En présence du réalisateur
Faisant partie d’un triptyque sur les cités médiévales, ces deux films
sont des œuvres fortes et ondoyantes ou architecture et peinture se
fondent dans le sens le plus pur de la poétique des cités anciennes.
Sienne décrit la ville italienne, mélangeant tradition et modernité
pendant le Palio. Un portrait étonnant de ses habitants et de leur
participation à l’ancienne fête.
Bruges : un peintre cherche à percer le mystère de la ville médiévale
de Bruges en Belgique. Ce voyage enchanteur à travers le temps suit les
activités quotidiennes des habitants de la ville pendant qu’ils
déambulent à travers des paysages oniriques et poétiques.
Immortel (Ad vitam)
Enki BILAL, France, 2002, 1h42
Scénario : Enki Bilal, Serge Lehman ; Musique : Goran Vejova, Sigur
Ros, Vénus ; Décors : Jean-Pierre Fouillet ; Interprètes : Linda
Hardy, Thomas Kretschmann, Charlotte Rampling, Thomas M. Pollard,
Frédéric Pierrot, Yann Collette, Jean-Louis Trintignant.
Adapter une BD à l’écran, surtout lorsque le réalisateur en est aussi
l’auteur, peut paraître la plus simple des choses. En effet entre le 7e
art et le 9e, les correspondances sont nombreuses, la BD, dans sa forme
actuelle, est née après le cinéma et elle lui a emprunté son style de
narration en images. Les plans sont assimilables aux cases et les
variations de leur échelle sont communes aux deux arts, ainsi
passe-t-on avec la même aisance d’un plan large à un gros plan dans
l’un comme dans l’autre et la virtuosité des auteurs à jouer sur les
angles d’attaque de l’image dépasse souvent celle des réalisateurs.
Certes il n’y a d’autres mouvements dans la BD que ceux que notre
esprit imagine et l’effet de réel y est pour cela moindre qu’au cinéma.
D’où vient que si souvent le spectateur est déçu de l’adaptation ? De
cet imaginaire justement qui, à travers le parcours individualisé que
le lecteur peut construire dans les images fixes, peut se déployer
librement. On rêve sur la BD à sa guise, on multiplie les
allers-retours, on consomme en créateur sans jamais quitter les images.
La réussite de Bilal dans son adaptation de “La Foire aux immortels” et
de “La Femme piège” est d’avoir trouvé des équivalents plastiques de ce
fantastique retour des dieux d’Egypte dans un monde en déglingue, où
extra-terrestre et humains se côtoient dans une même détresse, et
d’avoir su retrouver la petite musique de la nostalgie amoureuse. Une
réussite rare dans un domaine où elles ne sont pas légions.
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