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La Chair de l’orchidée
Patrice CHÉREAU France / Allemagne / Italie, 1974, 1h 55
Scénario : James Hadley Chase et Jean-Claude Carrière ; Photo : Pierre
Lhomme ; Montage : Pierre Gillet ; Musique : Fiorenzo Carpi ; Décors :
Richard Peduzzi ; Interprètes : Charlotte Rampling, Bruno Cremer,
Simone Signoret, François Simon, Alida Valli...
Patrice Chéreau, fort célèbre dès la fin des années 60 comme metteur en
scène inventif, profond et novateur au théâtre, choisit pour son
premier film d’adapter une série noire de James Hadley Chase, la suite
du fameux “Pas d’orchidées pour Miss Blandish”.
On y retrouve les éléments caractéristiques du film noir, son extrême
violence, ses nombreux personnages, victimes ou bourreaux,
l’outrancière complication de l’intrigue. Mais la transposition de la
trame narrative sur le sol européen, le choix déterminant des
interprètes féminins, celui des décors toujours inquiétants et dont la
succession déroute le spectateur, devenu selon le processus
d’identification bien connu, la pauvre victime, l’héroïne même, et
comme elle plongé dans un cauchemar toujours recommencé, donnent au
film une dimension tragique, laquelle n’avait pas échappé à Jean-Louis
Bory qui rendit compte superbement du film, citant même « un plan magnifique... parfaite illustration de la tragédie mise en scène ».
À vous de découvrir ce plan, mais il y en a bien d’autres sinon
magnifiques, en tout cas captivants dans ce film agencé en grands
“tableaux” tout à l’opposé de la fluidité narrative estampillée
Hollywood.
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