|
Le Chef d’orchestre
(Dyrygent)
Andrzej WAJDA, Pologne, 1979, 1h41
Scénario : Andrzej Kijowski ; Photo : Slawomir Idziak ; Musique :
Beethoven ; Interprètes : John Gielgud, Krysyna Janda, Andrzej Seweryn.
Les avantages de la méthode douce sur la méthode brutale dans la
direction d’orchestre comme métaphore du pouvoir communiste en Pologne
à la veille de changements qui ébranlèrent le monde. Le sujet pourrait
paraître manquer de sophistication, n’était le talent d’Andrzej Wajda à
diriger les acteurs et son refus des situations trop simplistes. La
musique est au cœur de son film comme les rapports humains entre les
principaux protagonistes. Là où l’on frôlerait la caricature à la sauce
“bons sentiments” chez un réalisateur moins doué, l’on rentre dans le
jeu d’une double lecture sans que jamais le niveau “politique” ne rende
invraisemblable l’histoire d’un amour tourné en mépris. Sans aucun
doute aussi le chef d’orchestre est-il, de façon subtile, la métaphore
du réalisateur et Wajda double son discours politique d’un discours
général sur l’artiste organisateur, chef d’orchestre, metteur en scène,
architecte, “dirigeant” pour prendre au pied de la lettre le titre
polonais. C’est au final la société tout entière qui se lit dans la
nécessaire coordination des individus qu’exigent les arts collectifs.
Dirigeant avec toujours le même bonheur Krystyna Janda, il fait donner
le meilleur au très tendu Andrzjev Seweryn, dont il fera plus tard un
inoubliable Robespierre, et tire vers la lumière un John Gielgud
parfait. Une magnifique leçon de cinéma.
|

|