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Le Démon des femmes
(The legend of Lylah Clare)
Robert ALDRICH
USA, 1968, 2h10
Scénario : Hugo Butler et Jean Rouverol, d’après la pièce de Robert
Thomet et Edward de Blasio ; Photo : Joseph Biroc ; Musique : De
Vol ; Montage : Michael Luciano ; Interprètes : Kim Novak, Peter
Finch, Ernest Borgnine, Milton Selzer, Valentina Cortese…
Comme La Comtesse aux pieds nus de Joseph L. Mankiewicz, Le Démon des
femmes est le portrait d’une femme plongée dans le milieu hollywoodien.
Malade, l’imprésario Bart Langner souhaite porter à l’écran la vie de
la vedette Lylah Clare. Il engage une inconnue, Elsa Brinkman, presque
son sosie, qui va progressivement devenir une seconde Lylah
Clare, dirigée, manipulée par Lewis Zarkan, réalisateur et époux de la
star.
Aldrich dans Le Grand couteau avait déjà démythifié la faune et les
habitudes de la société cinématographique américaine, il dresse ici un
portrait au vitriol de cet univers. Visiblement il s’est passionné pour
cette histoire et pour la vedette. Curieux et baroque, Le Démon des
femmes malgré son titre français ridicule, est une œuvre sensible
et poignante. Le film est une évocation à la fois tendre et cruelle du
vieil Hollywood, où une réception peut devenir un véritable enfer.
Admirablement interprété, c’est sans doute avec Vertige d’Hitchcock, le
plus beau rôle de Kim Novak, ce film vénéneux ne peut laisser
indifférent.
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