Un chien andalou
Luis BUÑUEL
France, 1928, 17 mn, N&B
Scénario : Luis Buñuel et Salvador Dali ; Photo : Albert Duverger ;
Décors : Pierre Schildknecht ; Musique préexistante : Richard Wagner
“Tristan et Yseut” ; Montage : Luis Buñuel ; Interprètes : Pierre
Batcheff , Simone Mareuil, Luis Buñuel, Salvador Dalí, Jaume
Miravitlles, Robert Hommet, Fano Messan.
Le film surréaliste par excellence. Son scénario est écrit en six jours
par Buñuel et Dali qui travaillent sur le mode du “cadavre exquis”,
comme l’a raconté Luis Buñuel : « Nous travaillions en accueillant les
premières images qui nous venaient à l’esprit et nous rejetions
systématiquement tout ce qui pouvait venir de la culture ou
l’éducation. Il fallait que ce soient des images qui nous surprennent
et qui soient acceptées par tous les deux sans discussion.»
Un chien andalou est une tentative de traduction visuelle et onirique
de la solitude du désir sexuel. C’est un film sur le désir infantile
d’abord, adolescent ensuite, en conflit avec les pulsions de mort qui
l’entravent, le paralysent, l’inhibent et le punissent, c’est un
itinéraire clos, refermé sur lui-même, pris au piège de son propre
vertige.
(On sait maintenant que Luis Buñuel et Dali avaient songé à
intituler leur film, Interdit de se pencher au-dehors, puis Interdit de
se pencher au-dedans). C’est aussi la mise en place d’une série de
lieux plus ou moins obsédants : la chambre, la plage, le parc, le
désert et le sable, la rue, où se manifestent irrationnellement
parfois, menaces et agressions et qui pourtant, ne cesseront de se
retrouver tout au long de l’œuvre à venir comme autant de lieux où se
déroulent les mêmes situations et les mêmes phénomènes : solitude,
rencontres, transgressions, etc.
M. Oms, “Don Luis Buñuel”, Editions du Cerf
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