14 -18 au Cinéma – Exposition d’affiches de cinéma

«Arrêtez ! Arrêtez ! !». L’orchestre cesse de jouer. Tout le monde se tait. Au milieu du silence complet, Maréchal intervient comme un cri : «On a repris Douaumont!.. C’est les Fritz eux-mêmes qui l’annoncent».
Plan général: pendant quelques secondes la salle est pétrifiée. L’orchestre attaque La Marseillaise. Les voix éclatent en la chantant. Tous se lèvent au même instant.
Cette séquence de La Grande Illusion est peut-être l’évocation de la bataille de Verdun la plus célèbre du cinéma français. L’évènement historique fait brusquement irruption dans la fiction et est utilisé comme ressort dramatique.
Avec cette exposition, l’Institut Jean Vigo retrouve ses chantiers permanents : Comment et pourquoi le cinéma a-t-il représenté des moments de l’Histoire ? Comment et pourquoi ces représentations se sont-elles imposées dans les mémoires de façon souvent plus prégnante que des documents authentiques ? Ces questions se posent avec d’autant plus d‘acuité pour cette période qu’il s’agit d’un moment considéré comme essentiel dans la vie des nations européennes. Cette guerre, souvent considérée comme le premier grand conflit moderne, voit ses prémices surgir brutalement le 28 juin 1914 avec l’assassinat de l’héritier de l’empire austro-hongrois à Sarajevo (Colonel Redl) mais en ce bel été les jeunes officiers peuvent encore tomber amoureux des amies de leur mère (Comédie d’été) avant le déclenchement des hostilités. La guerre va également séparer les amis et les amours tels l’Allemand Jules, le français Jim tous deux amoureux de Catherine (Jules et Jim). Du romanesque, il en est aussi question avec des «boches» fourbes dans le serial La Mort des sous-marins. Des sous-marins, on en trouvera également dans N’oublions jamais où l’héroïne sera une des rescapées du torpillage du Lusitania. Du romanesque encore avec les belles espionnes Jeanne Moreau/Mata Hari, agent H21 ou l’improbable, mais sublime, Marlène Dietrich/Agent X 27 se remaquillant dans le reflet du sabre du jeune officier commandant son peloton d’exécution. 14-18 au cinéma c’est également la description de l’horreur des tranchées et des combats de Verdun ou du Chemin des Dames à travers des films souvent pacifistes comme Verdun souvenirs d’histoire (côté français), A l’ouest rien de nouveau, adapté du beau roman de Erich Maria Remarque (côté allemand) ou Joyeux Noël qui voit les soldats français, anglais et allemands fraterniser le soir de Noël. Quant à Stanley Kubrick, il signe avec Les Sentiers de la gloire un brûlot antimilitariste sur les fusillés pour l’exemple qui lui vaudra une autocensure du distributeur français jusqu’en 1975. Charlie Chaplin préfèrera rire de toutes ces horreurs dès 1918 (Charlot soldat). Mais le conflit ne se résume pas aux seules régions du nord-est de la France. Gérard Vergez entraîne Les Cavaliers de l’orage dans le détroit des Dardanelles et à Salonique tandis que le Capitaine Conan de Bertrand Tavernier se bat en Bulgarie et Roumanie. Quant à Jean-Jacques Annaud il dresse, dans La Victoire en chantant, un portrait au vitriol des colons d’Afrique de l’Ouest soulevant des armées uniquement composées d’autochtones.Le conflit c’est aussi la vie à l’arrière où des histoires d’amour souvent déchirantes naissent entre soldats en convalescence et jeunes veuves (L’Horizon, Marthe). L’arrière ce sont souvent les hôpitaux (Thomas l’imposteur) où l’on cache ce que la société ne veut pas voir en face : au mieux les gueules cassées de La chambre des officiers, au pire l’âme intacte dans un corps en apparence décédé du jeune soldat de Johnny s’en va t’en guerre. A la fin de la guerre, l’officier Philippe Noiret sera chargé de recenser les soldats disparus et de sélectionner le poilu «idéal» qui sera le soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe dans La vie et rien d’autre.Ainsi le cinéma, comme d’autres moyens d’expression part de données réalistes et authentiques pour participer à la construction de mythe. Et lorsque Jean Gabin-Maréchal hurle «On a repris Douaumont» c’est bien à un mythe qu’il renvoie beaucoup plus qu’à une simple péripétie militaire…»

* Ce texte de présentation est dédié à José Baldizzone, président de l’Institut Jean Vigo jusqu’en 2007. Il emprunte certains extraits et arguments à l’éditorial qu’il a écrit pour notre revue Les Cahiers de la Cinémathèque consacrée à «Verdun et les batailles de 14-18».

Exposition conçue et réalisée par l’Institut Jean Vigo à partir de ses collections.

Tarifs et conditions de location :
Les frais de transport et d’assurance clou à clou sont à la charge de l’exposant.
Pour les tarifs de location et tout autre renseignement merci de prendre contact avec Laurent Ballester ou Jacques Verdier :

Institut Jean Vigo
Arsenal – 1 rue Jean Vielledent
66000 Perpignan
Tél: 04 68 34 09 39
Fax: 04 68 35 41 20
ou par courriel :
Laurent Ballester : laurent.ballester@inst-jeanvigo.eu
Jacques Verdier : jacques.verdier@inst-jeanvigo.eu

L’exposition «14-18 au Cinéma» consiste en 21 affiches entoilées. Voici, ci-dessous, les informations sur les films et les affiches représentés :

Colonel Redl (Oberst Redl)
d’István Szabó, Yougoslavie/Hongrie/Autriche/Allemagne 1985
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Comédie d’été
de Daniel Vigne, France 1989
Dimension: 160×120
Graphiste: Arguments
Procédé d’impression: Offset

Jules et Jim
de François Truffaut, France 1962
Dimension: 160×120
Graphiste: C. Broutin
Procédé d’impression: Offset

N’oublions jamais (Lest We Forget)
de Léonce Perret, USA 1918
Dimension: 160×120
Graphiste: E. Muller
Procédé d’impression: Lithographie

La mort des sous-marins (2ème époque «Le coup est raté»)
d’Henry Vorins, France 1918
Dimension:  120×80
Graphiste: D. Dellepiane
Procédé d’impression: Lithographie

Agent X27 (Dishonored)
de Josef von Sternberg, USA 1931
Dimension:  120×80
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Mata Hari, agent H21
de Jean-Louis Richard, France/Italie 1964
Dimension: 80×60
Graphiste: Jean Mascii
Procédé d’impression: Offset

Verdun, visions d’histoire
de Léon Poirier, France 1928
Dimension: 80×60
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Lithographie

A l’ouest rien de nouveau (All Quiet on the Western Front)
de Lewis Milestone, USA 1930
Dimension: 160×120
Graphiste: d’après Joseph Koutachy
Procédé d’impression: Lithographie

Joyeux Noël
de Christian Carion, France/Allemagne/Grande-Bretagne/Belgique/Roumanie 2005
Dimension: 100×70
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Les sentiers de la gloire (Paths of Glory)
de Stanley Kubrick, USA 1957
Dimension: 160×120
Graphiste: Jouineau Bourduge
Procédé d’impression: Offset

Charlot soldat et Le Pèlerin (Shoulder Arms, The Pilgrim)
de Charles Chaplin, USA 1918/1923
Dimension: 160×120
Graphiste: Léo Kouper
Procédé d’impression: Offset

Les cavaliers de l’orage
de Gérard Vergez, France/Yougoslavie 1984
Dimension: 160×120
Graphiste: Bernard Bernhardt
Procédé d’impression: Offset

Capitaine Conan
de Bertrand Tavernier, France 1996
Dimension: 160×120
Graphiste: SKT/photo E. George
Procédé d’impression: Offset

Noirs et blancs en couleur (La victoire en chantant)
de Jean-Jacques Annaud, Côte-D’Ivoire/France/Allemagne/Suisse 1976
Dimension: 160×120
Graphiste: Michel Landi
Procédé d’impression: Offset

Thomas l’imposteur
de Georges Franju, France 1964
Dimension: 160×120
Graphiste: Jean Mascii
Procédé d’impression: Offset

L’horizon
de Jean Rouffio, France 1967
Dimension: 160×120
Graphiste: G. Pasqualini
Procédé d’impression: Offset

Marthe
de Jean-Loup Hubert, France 1997
Dimension: 160×120
Graphiste: SKT/Arguments, photo C. Simonpietri
Procédé d’impression: Offset

La chambre des officiers
de François Dupeyron, France 2001
Dimension: 160×120
Graphiste: Pascal Lesoing
Procédé d’impression: Offset

Johnny s’en va-t-en guerre (Johnny Got His Gun)
de Dalton Trumbo, USA 1971
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

La vie et rien d’autre
Bertrand Tavernier, France 1989
Dimension: 160×120
Graphiste: photo E. George
Procédé d’impression: Offset