Le pouvoir américain ou les dérives d’une démocratie

Toujours un peu provocateur, l’Institut Jean Vigo a choisi de mettre le doigt sur les dérives, les dysfonctionnements d’une démocratie qui se pose souvent, en modèle planétaire. Et pourtant: l’extermination du peuple indien afin d’asseoir une souveraineté territoriale, l’esclavage et la ségrégation raciale, le libéralisme à outrance, le maccarthysme, la peine de mort avec ses exécutions « à la chaîne », la radiographie des moeurs et dérapages politiques en tous genres des présidents, sénateurs et autres agents plus ou moins doubles (ou troubles) de la C.I.A., etc…
Ce qui est remarquable, avec le cinéma américain, c’est sa capacité à rebondir et à interroger l’Histoire américaine avec une rapidité par rapport aux faits tout à fait surprenante. Une interrogation qui se complaît parfois dans la glorification mais qui sait également faire preuve d’un sens critique redoutable, chose finalement assez rare dans beaucoup d’autres cinématographies. Et c’est cet aspect-là des choses qui va nous intéresser ici. La guerre du Viêt-nam en est un des exemples les plus évident. Le cinéma américain a produit un nombre de films très importants et d’idéologies très divergentes sur ce traumatisme national. On peut chercher en vain l’équivalent français pour rendre compte du conflit d’Indochine ou de l’Algérie.L’exposition se compose de deux parties à peu près égales. Une première consacrée aux moeurs et dérives des hommes qui font la politique américaine. La deuxième partie se présente comme une sorte d’explication de texte en image des grands dérapages historiques de l’Amérique.
Le cinéma américain aime représenter les hommes politiques et est complètement décomplexé quand à la représentation de la figure du locataire de la Maison Blanche, une histoire qui fut parfois sanglante. La fin de Lincoln et Executive action, politique fiction autour de l’assassinat de Kennedy, en témoignent. La corruption et les dérives « fascistes » des présidents, sénateurs et autres directeurs de la C.I.A. ne sont pas oubliées: Tempête à Washington (chantage à la vie privée), Les hommes du Président (affaire du Watergate), Osterman week-end (utilisation de tueurs de la C.I.A. à des fins personnelles), Contre-espionnage (hystérie anticommuniste avec la chasse aux sorcières maccarthyste pour résultante) et Docteur Folamour (délire présidentiel sur fond de péril atomique).Les hommes politiques ne doivent pas assumer seuls les dérives de l’Amérique. La naissance même de cette nation est entachée du massacre du peuple indien (Le soldat bleu). Il faudra une guerre civile pour que l’esclavage soit aboli (L’esclave libre). Celui-ci laissera des traces ségrégationnistes durables encore visibles aujourd’hui. Les errements politiques et leurs conséquences au Viêt-nam (Hamburger Hill) traumatiseront le pays pour longtemps.

Les dérives d’une démocratie s’expriment aussi dans les inégalités sociales non maîtrisées. Le libéralisme sauvage américain produit une société à deux vitesses où les détenteurs du pouvoir économique jonglent avec des milliards (Wall Street) et où d’autres, laissés pour compte assassins, hantent les couloirs de la mort (De sang-froid). Les Etats-Unis sont le pays qui compte le plus de condamnés à mort au monde…

Enfin, après les dérives économiques, on peut s’interroger sur ce que l’on nomme parfois le quatrième pouvoir, autrement dit les médias. Véritables contre-pouvoirs ils n’hésitent pas parfois à se repaître jusqu’à la nausée de violences spectaculaires (Meurtres en direct) ou des « acrobaties » sexuelles, pourtant très privées, d’un président.

Dans tout ce matériau d’affiches, il nous a fallu faire un choix. Le nombre de documents implique une certaine subjectivité. D’aucuns trouveront sûrement qu’il manque des films qui leur semblent importants. Deux critères ont présidé à notre choix : Parmi les affiches que vous allez découvrir, certaines très connues sont un peu là comme des balises repères, des incontournables de l’histoire du cinéma. D’autres, rares, dont les films sont passés définitivement aux oubliettes de l’histoire sont là pour vous surprendre. Choisir l’incontournable Tempête à Washington que tout le monde connaît, un film rare sur le Viêt-nam (au lieu des titres attendus) ou l’irrésistible jamesbondissime Sean Connery, tel a été notre plaisir.
En espérant que ce soit aussi le vôtre.

Exposition conçue et réalisée par l’Institut Jean Vigo à partir de ses collections.

Tarifs et conditions de location :
Les frais de transport et d’assurance clou à clou sont à la charge de l’exposant.
Pour les tarifs de location et tout autre renseignement merci de prendre contact avec Laurent Ballester ou Jacques Verdier :

Institut Jean Vigo
Arsenal – 1 rue Jean Vielledent
66000 Perpignan
Tél: 04 68 34 09 39
Fax: 04 68 35 41 20
ou par courriel :
Laurent Ballester : laurent.ballester@inst-jeanvigo.eu
Jacques Verdier : jacques.verdier@inst-jeanvigo.eu

L’exposition «Les Dérives de la Démocratie» consiste en 22 affiches accompagnées d’un texte de présentation et d’un tableau de présentation des affiches. Voici, ci-dessous, les informations sur les films et les affiches représentés :

La fin de Lincoln
de Camille de Morlhon, France 1910
Dimension: 160×120
Graphiste: Jacques Faria
Procédé d’impression: Lithographie

Executive Action
de David Miller, USA 1973
Dimension: 160×120
Graphiste:non signalé
Procédé d’impression: Offset

Tempête à Washington (Advise & Consent)
de Otto Preminger, USA 1962
Dimension: 160×120
Graphiste: Jean Mascii
Procédé d’impression: Offset

Les hommes du président (All the President’s Men)
d’Alan J. Pakula, USA 1976
Dimension: 160×120
Graphiste:non signalé
Procédé d’impression: Offset

Osterman Weekend (The Osterman Weekend)
de Sam Peckinpah, USA 1983
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Contre-espionnage (Man on a String)
André de Toth, USA 1960
Dimension: 160×120
Graphiste: Georges Kerfyser
Procédé d’impression: Lithographie

Docteur Folamour (Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb)
de Stanley Kubrick, Grande-Bretagne 1964
Dimension: 160×120
Graphiste: Georges Kerfyser
Procédé d’impression: Offset

Le soldat bleu (Soldier Blue)
de Ralph Nelson, USA 1970
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

L’esclave libre (Band of Angels)
de Raoul Walsh, USA 1957
Dimension: 160×120
Graphiste: Jean Mascii
Procédé d’impression: Lithographie

Hamburger Hill
de John Irvin, USA 1987
Dimension: 160×120
Graphiste: Philippe
Procédé d’impression: Offset

De sang froid (Truman Capote’s In Cold Blood)
de Richard Brooks, USA 1967
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset


Wall Street
d’Oliver Stone, USA 1987
Dimension: 160×60
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Meurtres en direct (Wrong is Right)
de Richard Brooks, USA 1982
Dimension:  160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Nixon
de Oliver Stone, USA 1995
Dimension: 60×40
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Deuxième partie de l’exposition:

L’extravagant Mr Ruggles (Ruggels of Red Gap)
de Leo McCarey, USA 1935
Dimension: 120×80
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

La Captive aux yeux clairs (The Big Sky)
de Howard Hawks, USA 1952
Dimension: 160×120
Graphiste: André Bertrand
Procédé d’impression: Offset

L’étoffe des héros (The Right Stuff)
de Philip Kaufman, USA 1983
Dimension: 160×120
Graphiste: Vanni
Procédé d’impression: Offset

Les maîtres de l’ombre (Fat Man and Little Boy)
de Roland Joffé, USA 1989
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Larry Flynt (The People vs. Larry Flynt)
de Milos Forman, Canada, USA 1996
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Network
de Sidney Lumet, USA 1976
Dimension: 160×120
Graphiste: Jouineau Bourduge
Procédé d’impression: Offset

Bob Roberts
de Tim Robbins, USA/Grande-Bretagne 1992
Dimension: 160×120
Graphiste: Pascal Lemoine
Procédé d’impression: Offset

Président d’un jour (Dave)
de Ivan Reitman, USA 1993
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset