L’Institut Jean Vigo vous propose une exposition autour des comiques du cinéma muet. Les premiers noms qui viennent à l’esprit sont bien sûr ceux des grands comiques américains : Charlie Chaplin, Buster Keaton, Laurel et Hardy ou Harold Lloyd. D’autres sont un peu oubliés comme Fatty ou Clyde Cook rebaptisé en France Dudule.
Mais cette exposition se propose aussi de redécouvrir tous ces comiques français issus du théâtre , du music hall ou du cirque. Qui se souvient aujourd’hui d’Onésime, Calino, Babylas, Dranem ou de l’espiègle petit Willy. Tous ces artistes ont été les héros récurents d’un nombre incalculé de bobines et leurs succès ont souvent égalé ceux de leurs homologues américains.
Avant la Première Guerre mondiale, le genre comique occupe une place importante de la production et de la consommation cinématographiques. A partir du milieu des années 1900, chaque firme emploie une troupe d’acteurs comiques. On les retrouve régulièrement dans l’ensemble des productions. Quelques-uns d’entre eux connaissent la gloire. Bon nombre ont été oubliés. De ce foisonnement du genre et de son importance dans l’exploitation procèdent des éléments qui marquent fortement le style et l’esthétique cinématographiques des grandes maisons de production françaises – Pathé, Gaumont, Eclair, Eclipse ou Lux – qui se consacrent au cinéma à ses débuts. Centrées autour d’un thème ou d’un personnage, des séries se développent. Ces séries à personnages vont faire le bonheur des gens de théâtre et de music-hall. Clément Migé sera Calino chez Gaumont. Comique de café-concert, Boucot sera de 191 à 1913 Babylas puis Pénard pour Pathé. Le chantre des « P’tits pois » Dranem est également depuis 1911 une vedette Pathé. Louis Feuillade, chez Gaumont, va vite comprendre ce qu’une présence d’enfant peut apporter à un film et va développer la série des Bébé et des Bout-de-Zan. Très vite il y concurrence et en particulier, dès 1911 l’espiègle Willy chez Eclair.D’autres personnages apparaissent, excentriques et sauteurs en provenance des pistes de cirque, des acrobates au comique très physique. C’est dans un gymnase que le réalisateur Jean Durand va repérer Ernest Bourdon, né à Vierzon en 1886. Il invente pour son nouveau poulain le personnage d’Onésime : une soixantaine de films en deux ans, chez Gaumont, et très vite le succès. Onésime s’exporte, les Espagnols l’appellent Picorete et les Anglais Simple Simon.Comme on peut le voir, le cinéma comique français fut un vivier de talents. C’est là, à une époque où il s’exporte partout et en particulier aux Etats-Unis, que se prépare l’apothéose de la génération suivante, le triomphe des comiques du cinéma américain. Injustement, alors que vont régner ces grands burlesques d’Hollywood, Calino, Onésime et les autres, partis pourtant avec les mêmes atouts, éclipsés ou reconvertis, sont perdus pour le cinéma. Pourtant, leur maître à tous, Charlie Chaplin, s’est réclamé de la paternité comique d’un Max Linder par exemple.

Si Charlie Chaplin, Buster Keaton ou Laurel et Hardy sont restés dans nos mémoires et au panthéon des étoiles hollywoodiennes, d’autres sont un peu oubliés. Roscoe Arbukle dit Fatty est un de ceux là. Né en 1881, il devient comique de scène dès 1895. Vers 1915, Sennett le découvre et l’engage à la Keystone où il tournera parfois aux côtés de Chaplin. Passé à la Paramount il va réaliser un certain nombre de ses films. Une obscure affaire de moeurs, dans laquelle il aurait joué un rôle essentiel lors d’une party, éclate en 1921. Ce scandale va interrompre sa carrière. « C’était une brute » commente Buster Keaton. Fatty représente la tendance la plus primitive, la plus grossière, la plus violente du burlesque américain. Il n’avait rien du « bon gros » et sa physionomie était pour le moins inquiétante. Mais ce fut un cinéaste complet, capable d’écrire, de diriger, et de monter ses propres films.
Clyde Cook, né en 1891 était danseur acrobatique et entra à la Keystone en 1915. Il suivi l’itinéraire traditionnel Sennett-Fox-Roach. Sa spécialité était le strabisme (convergent). Le public français le connaissait sous le patronyme évocateur de Dudule.
Né en 1893, Harold Lloyd monte sur les planches dès l’âge de quatre ans. Ses premières apparitions au cinéma datent de 1913 chez Edison. En 1914 il crée pour Hal Roach le personnage de Losesome Luke, que les français baptiseront tout simplement Lui, pour une trentaine de films. En 1917 son personnage définitif se précise. Il réalise à partir de 1919 une grande partie de ses films dont le plus célèbre reste Safety Last (Monte là-dessus) où il escalade un gratte-ciel par la façade extérieure. Lloyd gagne à ce moment là autant d’argent que Chaplin ou Keaton. Mais comme beaucoup d’autres il va mal supporter le passage au parlant…

Les affiches présentées retracent à leur manière l’histoire de ces phénomènes burlesques. La stylisation des personnages comiques entraîne la leur. Elles sont le terrain de prédilection des affichistes-illustrateurs-caricaturistes. Adrien Barrère, par exemple, célèbre pour ses caricatures de professeurs de droit ou de médecins, est l’un des membres fondateurs du Salon des humoristes. Ami de Mistinguett et de Maurice Chevalier, il hante le Caf’Conc’ et le Grand-Guignol où il puise l’inspiration de dessins dans la lignée de Daumier. Il sera affichiste attitré de Pathé pour ce qui concerne le genre comique.

On peut donc découvrir des affiches très rares, lithographies aux couleurs chatoyantes, qui nous rappellent que rire au cinéma est un bonheur qui ne se refuse pas.

Exposition conçue et réalisée par l’Institut Jean Vigo à partir de ses collections.

Tarifs et conditions de location :
Les frais de transport et d’assurance clou à clou sont à la charge de l’exposant.
Pour les tarifs de location et tout autre renseignement merci de prendre contact avec Laurent Ballester ou Jacques Verdier :

Institut Jean Vigo
Arsenal – 1 rue Jean Vielledent
66000 Perpignan
Tél: 04 68 34 09 39
Fax: 04 68 35 41 20
ou par courriel :
Laurent Ballester : laurent.ballester@inst-jeanvigo.eu
Jacques Verdier : jacques.verdier@inst-jeanvigo.eu

L’exposition «Silence! On rit» consiste en 27 affiches entoilées. Voici, ci-dessous, les informations sur les films et les affiches représentés :

Elle est partie
de Georges Monca, France 1909
Dimension: 160×120
Graphiste: Jacques Faria
Procédé d’impression: Lithographie

Loin des yeux, loin du cœur
de Georges Denola, France 1910
Dimension: 160×120
Graphiste: Jacques Faria
Procédé d’impression: Lithographie

Toupin a tué Poupette
de A. Giry, pays et date non déterminé
Dimension: 120×80
Graphiste: non déterminé
Procédé d’impression: Lithographie

Le bon oncle
de Georges Monca, France 1915
Dimension: 160×120
Graphiste: A. Barrère
Procédé d’impression: Lithographie

Willy n’aime pas la musique
de Joseph Faivre, France, serial des années 1911 à 1916 (date de cet épisode non déterminé)
Dimension: 150×100
Graphiste: Bernard Edouard
Procédé d’impression: Lithographie

Calino dompteur par amour
de Jean Durand, France 1912
Dimension: 120×80
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Lithographie

Calino père nourricier
de Jean Durand, France 1912
Dimension: 110×80
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Onésime aux enfers
de Jean Durand, France 1912
Dimension: 110×80
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Offset

Babylas va se marier
d’Alfred Machin, France 1912
Dimension: 160×120
Graphiste: Gus (Gustave) Bofa (Blanchot)
Procédé d’impression: Lithographie

Dranem amoureux de Cléopâtre
de Roger Lion, France 1916
Dimension: 160×120
Graphiste: O. Gallop
Procédé d’impression: Lithographie

Galeotto fu il mare
d’Achille Mauzan, Italie 1916
Dimension: 139×99
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Lithographie

Fatty docteur (Oh Doctor!)
de Roscoe «Fatty» Arbuckle, USA 1917
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Lithographie

Le garage de Fatty (Le garage infernal) (The Garage)
de Roscoe «Fatty» Arbuckle, USA 1920
Dimension: 160×120
Graphiste: Henry Roberty
Procédé d’impression: Lithographie

Fatty et Mabel à l’école
Réalisateur et date indéfinis; USA
Dimension: 160×120
Graphiste: Harmengol
Procédé d’impression: Lithographie


Lui chez les danseuses (At the Old Stage Door)
de Hal Roach, USA 1919
Dimension: 160×120
Graphiste: Adrien Barrère
Procédé d’impression: Lithographie

Harold Lloyd (Portrait)
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Lithographie

Dudule dans la Mistoufle
de Clyde Cook, USA 1923
Dimension: 160×120
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Lithographie

Un vrai Charlot
Dimension: 80×60
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Lithographie

La ruée vers l’or (The Gold Rush)
de Charles Chaplin, USA 1925
Dimension: 120×80
Graphiste: d’après Léo Kouper
Procédé d’impression: Lithographie

Les temps modernes (Modern Times)
de Charles Chaplin, USA 1936
Dimension: 160×120
Graphiste: Léo Kouper
Procédé d’impression: Offset

L’Horloger amoureux (Allez Oop)
de Buster Keaton et Charles Lamont, USA 1934
Dimension: 80×60
Graphiste: non signalé
Procédé d’impression: Lithographie

Les aventures de Laurel et Hardy
de James Parrot, USA 1929
Dimension: 160×120
Graphiste: R. Seguin
Procédé d’impression: Lithographie

La Bohémienne (The Bohemian Girl)
de James W. Horne et Charley Rogers, USA 1936
Dimension: 160×120
Graphiste: Boris Grinsson
Procédé d’impression: Lithographie

Allô… Allô…
de Roger Lion, France 1931
Dimension: 160×120
Graphiste: Jean Prevost
Procédé d’impression: Lithographie

La comédie du bonheur
de Marcel L’Herbier, France/Italie 1940
Dimension: 160×120
Graphiste: Roger Rojac
Procédé d’impression: Lithographie

Hellzapoppin (Hellzapoppin’)
de H. C. Potter, USA 1941
Dimension: 160×120
Graphiste: René Lefebvre
Procédé d’impression: Lithographie

La Péniche du bonheur (Houseboat)
de Melville Shavelson, USA 1958
Dimension: 160×120
Graphiste: Roger Soubie
Procédé d’impression: Lithographie