Comment
le parlant a sauvé le cinéma français
Une
histoire économique 1928-1939
par
Jacques Choukroun, préface de Laurent Creton

Cet
ouvrage décrit l'évolution de l'industrie cinématographique française
des débuts du cinéma parlant à la Seconde Guerre mondiale.
A
la fin des années vingt, le marché français est largement dominé par
le cinéma américain. Le succès des films parlants, fondé sur la
popularité des acteurs français, relance l'industrie du cinéma. Le
parlant constitue une nouvelles chance pour le cinéma français. Après
le départ de leurs fondateurs, les sociétés Pathé et Gaumont tentent
d'adapter en France le modèle hollywoodien de la compagnie intégrée
de cinéma. Mais l'amortissement des investissements effectués pour
l'adaptation au parlant et la rénovation des salles s'avère difficile
au moment de la baisse des recettes de 1933-1934 : la
Gaumont-Franco-Film-Aubert est mise en liquidation judiciaire en 1934 et
Pathé-Cinéma en faillite en 1936...
L'échec
de l'aventure de ces grandes compagnies provoque la première grande
réflexion politique sur le statut du cinéma en France avec les
rapports Petsche et de Carmoy. Entre 1934 et 1939 s'élabore peu à peu
un "modèle français" de cinématographie qui accorde à l'Etat
un rôle d'encadrement et de soutien aux petites entreprises. Malgré
les polémiques, les mesures protectionnistes restent modestes. En 1939,
le rôle nouveau de l'Etat s'affirme avec le décret sur le contrôle
des recettes. La comptabilité de nombreuses salles, l'étude du
fonctionnement des studios, des devis, des budgets des films et des
contrats de distribution permettent de décrire l'évolution des
différents stades de la filière cinématographique - production,
distribution et exploitation - à partir de documents d'archives
publiques et privées. Cette analyse confirme le caractère limité,
tant en ampleur qu'en durée, de la crise en France. Pourtant, celle-ci
a suffi à déséquilibrer les grandes compagnies.
Co-publication
AFRHC - Institut Jean-Vigo