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Chris
Marker
Au
coeur des hommes, au-delà de l'utopie...
par
Nicolas
MILTEAU
De
la période "littéraire" liée aux grands voyages,jusqu'au
recueillement dernier dans les coeur du Japon, en passant par
l'incontournable entreprise militante, Chris Marker développe "cette
Marker's touch [qui] doit certainnement beaucoup au fait que le cinéaste
a l'audace et l'honnêteté de sa subjectivité". A travers ses
différents "film-essais" qui abordent toujours de quelque
façon la question de l'altérité - que l'autre soit le pays (souvent
lointain), l'animal, l'ami ou l'anonyme -, Marker apporte un témoignage
qui tend à l'universel et à l'imtemporel et donne au monde une
profondeur où l'espoir laisse place à l'angoisse, où l'avenir s'annonce
plus sombre qu'un passé pourtant douloureux. Sur les traces du moujik qui
part à la recherche du bonheur dans le film éponyme d'Alexandre
Medvedkine, le cinéaste a construit une oeuvre cinématographique
continuellement contrainte par le souvenir du passé, l'ambivalence du
présent et l'angoisse du futur. Au croisement de tous les temps, au
rapprochement de tous les lieux, l'une des forces remarquables de Marker
est dans sa capacité à
mesurer,
et non pas à réduire, la distance qui existe entre la réalité et sa
représentation. Tout comme François Reichenbach s'est demandé en 1966
: "mais que serait le cinéma sans Chris Marker ?", nous
pourrions nous interroger aujourd'hui sur ce que serait notre vision du
monde sans cette oeuvre immense et trop souvent méconnue. Tout en
proposant les bases d'une utopie, d'un combat "dont le mouvement
est chose intérieur, qui part du coeur", Marker "pose sur
l'humanité un regard où la tendresse, la compréhension l'emportent
toujours sur la sécheresse des idées du jugement."
N°95 - Avril 2004 - 5 €
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commande : sylvie.sidou@inst-jeanvigo.eu
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