Mercredi 16 juin à 18h30

Rencontre avec la réalisatrice, Maria Augusta Ramos

Film : O Processo, Bresil, 2018, 2h19 (Num.)

Dilma Rousseff, fille d’un immigré bulgare, a été la première femme élue démocratiquement à la présidence brésilienne. Emprisonnée et torturée de 1970 à 1972 sous la dictature militaire, elle est devenue le symbole de la quête de démocratie des Brésiliens. Maria Ramos filme le procès qui a mené à sa destitution (elle était accusée d’être impliquée dans une affaire de corruption) avec une puissante énergie qui rappelle les meilleurs thrillers politiques des années 1970.

Primé aux festivals de Berlin et Visions du Réel (mais pas seulement) en 2018, O Processo (Le Procès), qui nous entraîne dans les coulisses de la procédure de destitution de Dilma Rousseff, aura marqué l’année 2018, autant que l’élection de Jair Bolsonaro quelques mois plus tard de cette même année.

C’est que Maria Augusta Ramos nous plongeait au cœur d’une machine politique qui avait tous les attributs d’un drame. Celui de la démocratie. Une tragédie même, tant cela ressemble à une fiction : on y voit, hallucinant, Bolsonaro réclamer au Parlement la destitution de Rousseff au nom du Colonel Ustra, tortionnaire de la junte militaire qui l’avait torturée ! Décidément, la réalité toujours dépassera la fiction.

O Processo est la pierre de Rosette qui permet de comprendre comment le Brésil a pu basculer dans un conservatisme qui convoque ses plus noires années. Le film marque par son actualité. Par son acuité surtout. […] Maria Ramos a l’œil. Un regard perçant qu’elle pose sur la société brésilienne et ses institutions. Institutions politiques, judiciaires et policières. [..] filmer au cœur des institutions, pas de voix off, pas d’interview : un cinéma d’observation bien que Maria Ramos semble davantage scruter qu’observer. Il y a un sentiment de mise en scène qui se dégage paradoxalement de son cinéma. Paradoxalement, parce que l’on parle ici de cinéma documentaire. Un sentiment qui passe par un sens du cadre très sûr, photographique, profondément cinématographique, et une maîtrise de la durée du plan. […] Ses films font tomber les barrières archaïques qui voudraient que l’on oppose toujours documentaire et fiction. On y découvre une écriture documentaire qui maîtrise totalement la grammaire de la fiction. Un cinéma qui nous confirme, s’il en était encore besoin, qu’une véritable écriture cinématographique dépasse les notions de doc ou fiction. Il y a du bon cinéma ou du mauvais cinéma. Celui de Maria Augusta Ramos est du meilleur.

Franck Lubet, responsable de la programmation de la cinémathèque de Toulouse

Née au Brésil en 1964, Maria Augusta Ramos est une documentariste récompensée à de nombreuses reprises. Après ses études au Brésil, elle déménage aux Pays-Bas en 1990 où elle intègre l’Académie du Film et de la Télévision.
Elle a réalisé des courts et longs métrages documentaires, notamment sur le système judiciaire brésilien. En 2013, elle reçoit le prix de la fondation Helsinki pour les droits de l’homme qui récompense l’ensemble de son travail et la manière dont elle arrive à montrer la situation des droits de l’homme dans ses films.

En partenariat avec la cinémathèque de Toulouse

Coproduction La Cinémathèque de Toulouse / Cinélatino, en partenariat avec DOC-Cévennes, le festival Itinérances (Alès), Quai des docs (Sète) dans le cadre de la tournée de Maria Augusta Ramos/

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