Soirée spéciale 60 ans de l’Institut Jean Vigo

60 ans après la première séance à Perpignan des Amis du cinéma, nous ouvrons notre saison avec deux films de Leos Carax : Boy Meets Girl, son premier long-métrage, dédié à Jean Vigo. Là non plus, ce n’est pas un hasard, mais une reconnaissance que ce cinéaste sortait des sentiers battus, comme Carax le fait encore aujourd’hui. Annette, son dernier film, sera montré en plein air. Oui, c’est aussi du divertissement, mais surtout une esthétique singulière que Leos Carax a adoptée dans tous ses films. Le joyeux peut s’allier au beau, l’original à l’accessible. 

Une grande soirée d’ouverture, dans la salle de ciné et en plein air !

Vendredi 16 septembre à partir de 17h, à l’Arsenal

À 17h : Boy Meets girl de Leos Carax, salle Marcel Oms

À 19h : Buffet offert par l’Institut Jean Vigo et Jazzèbre : retrouvez les bières locales Blaoblank, les vins d’ici et les producteurs locaux !

À 20h30, à la tombée du jour, les fans de Jazz rejoignent le concert Charivari d’Occijazz et les cinéphiles se retrouvent dans l’église des Carmes, sous la lune pour la projection d’Annette.

Boy meets girl

Vendredi à 17h, salle Marcel Oms, 6€ (5€ en tarif réduit)

Boy Meets Girl

LEOS CARAX

France, 1984, 1h40 (num.)

Avec : Denis Lavant, Mireille Perrier, Carroll Brooks…

Au point de ressortir dans sa nouvelle restauration, le premier long métrage de Leos Carax est une carte de visite de sa singularité en tant que réalisateur, confirmée par les autres films de sa filmographie. Au niveau du récit, Boy Meets Girl ne propose pas beaucoup plus que ça : un jeune homme erre dans Paris, la veille de son départ au service militaire, et rencontre une jeune fille dont le couple est en train de se briser… Il y a peut-être des références à Godard, Garrel ou même Griffith, mais avec son esthétique moderne, qui n’hésite pas à mêler réalisme et onirisme, Leos Carax fait preuve d’une écriture cinématographique originale ; libre mais percutante. Aidé aussi par ses deux protagonistes, incarnés par Denis Lavant et Mireille Perrier – les deux jeunes acteurs révélés par ce film : Alex, un jeune poète rêveur qui tient une cartographie de ses « premières fois » à Paris, croise Mireille, elle aussi un peu perdue dans la nuit de Paris. Mais ce n’est pas le Paris romantique que Carax nous propose, mais un Paris froid, en écho aux solitudes des personnages. Des questions existentielles sont ramenées à des confessions sexuelles et confrontées aux banalités du quotidien. Une dispute entre amoureux – ou plutôt le manque de dispute – est traitée avec autant d’importance qu’un jeu de flipper… La singularité de cette œuvre réside aussi bien dans ce dépouillement du récit que dans sa poétique, visuelle et sonore, riche et surprenante. Un film à (re)découvrir.

Kees Bakker

20h30, plein air Eglise des Carmes, entrée libre

Annette

LEOS CARAX

France/USA, 2021, 2h20 (num.)

Avec : Adam Driver, Marion Cotillard, Simon Helberg…

Los Angeles, de nos jours. Henry est un comédien de stand-up à l’humour féroce. Ann, une cantatrice de renommée internationale. Ensemble, sous le feu des projecteurs, ils forment un couple épanoui et glamour. La naissance de leur premier enfant, Annette, une fillette mystérieuse au destin exceptionnel, va bouleverser leur vie…

Leos Carax, génie poétique à l’imagination débordante et « enfant terrible du cinéma français » a l’habitude de renverser les codes et les genres pour inventer un monde peuplé de visions et de fantômes. Annette, son premier film en anglais, n’échappe pas à la règle.

Le scénario a été écrit par les frères Ron et Russell Mael, du groupe Sparks, qui signent aussi la trame sonore. La musique, on l’aura compris, est partout dans ce film où l’on chante plus qu’on ne parle.

« Le genre musical donne au cinéma une autre dimension —presque littéralement : espace-temps-musique. Et ça apporte une liberté extraordinaire. On peut diriger une scène en suivant la musique, ses mouvements, ou au contraire en luttant contre elle de mille moyens. On peut convoquer toutes sortes d’émotions contradictoires, d’une façon impossible dans un film où les personnages ne chantent et ne dansent pas. On peut être en même temps grotesque et profond. Et puis le silence — le silence devient une chose neuve, pas juste un silence par contraste avec les mots et les bruits du monde. Un plus profond silence. » Leos Carax (Dossier de presse)

#60 ans : Jean Vigo, une certaine idée de cinéma

En 1930, Jean Vigo créa à Nice Les Amis du Cinéma : un ciné-club pour projeter autre chose que ce que les salles commerciales montraient. Quand Marcel Oms, André Abet et un groupe d’amis créèrent en 1962 le ciné-club Les Amis du Cinéma à Perpignan, c’était bien sûr en hommage au cinéaste Jean Vigo, mais également dans l’idée de proposer une autre offre de cinéma. « IL S’AGIT DU FILM » clamait le manifeste du Filmliga à Amsterdam en 1927, autre fameux ciné-club de cette époque. « Une fois sur cent nous voyons : le film. Pour le reste, nous voyons : le cinéma. Le troupeau, le régime commercial, l’Amérique, le Kitsch. » Pour citer Jean Vigo, quand il voulait nous diriger vers une certaine idée de cinéma : « ce serait consentir simplement à dire quelque chose et à éveiller d’autres échos que les rots de ces messieurs-dames, qui viennent au cinéma pour digérer. » Certes, on cherchait la provocation à l’époque, mais les ciné-clubs ont largement œuvré à montrer un cinéma peu accessible ailleurs. 

Les temps ont changé, il y a désormais des salles Art et Essai. Néanmoins l’Institut Jean Vigo projette toujours des films de cinéastes reconnus et pourtant peu connus, des esthétiques, des écritures cinématographiques différentes de celle du cinéma dominant. Montrer des cinémas d’autres régions du monde, des fictions, des expérimentations et des documentaires qui nous parlent et qui nous font parler. Fort heureusement, un film peut aussi nous divertir, nous faire rêver tout en nous amenant à réfléchir.

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