Rendez-vous bimestriel initié avec succès à la rentrée dernière : les vendredis soir les séances sont précédées d’une introduction et suivies d’un échange voire d’un débat avec un invité spécialiste de la question.


Le film touche, bouleverse, émeut ou encore révolte son public, il éveille sa conscience et son humanité en mettant en scène les représentations des problématiques, questionnements ou bouleversements qui traverse une époque. Il y a certes le film dit politique à proprement parlé, traitant des partis eux-mêmes ou du pouvoir mais n’oublions pas les autres genres, la comédie, l’animation, le film historique, le drame voire le documentaire animalier…

Vendredi 6 octobre à 19h – précédé à 18h30 d’un apéro grignotage avec la Cantine Latina

1984

Michael RADFORD
GB, 1984, 1h53

Manipulant et contrôlant les moindres détails de la vie de ses sujets, Big Brother est le chef spirituel d’Oceania, l’un des trois Etats dont la capitale est Londres. Le bureaucrate Winston Smith travaille dans l’un des départements. Mais un jour il tombe amoureux de Julia, ce qui est un crime. Tous les deux vont tenter de s’échapper, mais dans ce monde cauchemardesque divisé en trois, tout être qui se révolte est brisé.

Michael Radford a parfaitement cerné la quintessence du roman originel via une adaptation probe et fidèle. Ainsi, le film s’ouvre sur l’assertion suivante : « Qui gouverne le passé gouverne le présent. Qui gouverne le présent gouverne l’avenir ». Dans une telle société, ce n’est pas que l’histoire qui est annihilée, mais aussi la mémoire. Ainsi, l’histoire est réécrite de façon à falsifier les faits, par ailleurs sans cesse modifiés. Dans ce monde cauchemardesque, c’est un souverain potentat, Big Brother, qui impose le diktat et la doxa d’une société bureaucratique, visiblement diligentée par des technocrates. Michael Radford opacifie encore le propos en nimbant sa pellicule de couleurs sépia.
Richard Burton, une fois de plus impérial, réalisait ici sa dernière prestation à l’écran.

Séance présenté par Annabelle Cialdella, professeur de philosophie

En partenariat avec Occitanie Livre et lecture

Vendredi 15 décembre à 19h

Starship troopers

Paul Verhoeven
USA, 1998, 2h15

Que vaut l’humanité sans la force brute et une armée de jeunes et beaux citoyens ? Au 23e siècle, le gouvernement fédéré de la Terre entend coloniser la galaxie, mais les « bugs », une civilisation d’insectes géants, attaquent en premier et déchaînent leur fureur visuelle. A peine sortis du lycée, Johnny, Carmen, Dizzy et Carl s’engagent dans l’armée.
« Voulez-vous en savoir plus ? »… Critique bigarrée du fascisme qui couve sous nos démocraties médiatiques, dystopie violente joyeusement parodique, épopée militariste clinquante pour
adolescents ? La distance ironique de Verhoeven, chargée de références à la première Guerre du Golfe et à l’iconographie nazie, utilise les moyens du grand spectacle pour faire une satire politique corrosive de la fin du 20e siècle et de ses images.

Jean-Philippe Trias

Séance présentée par Jean-Philippe Trias, Maître de conférence en histoire et esthétique du cinéma et de l’audiovisuel

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