Un week end consacré au cinéma Afro américain avec Claire Diao

Du vendredi 22 au dimanche 24 janvier

Ancré dans sa société, le cinéma noir américain n’a cessé d’évoluer depuis les années soixante-dix. En lien direct avec ses dirigeants politiques et les moeurs de son époque, il raconte, crée et frappe la société qu’il subit.
Lorsque l’on plonge dans la filmographie des oeuvres afro-américaines, il apparaît très clairement le besoin de raconter, de sortir du silence, de rendre hommage aux victimes, aux héros et aux figures marquantes des luttes allant de l’abolition de l’esclavage à celles pour les droits civiques en passant par la lutte contre le racisme.
Spike Lee posera dans les années 90 les bases de son cinéma contestataire et intelligent, à la base du New Jack Cinema. Ces années-là donnent enfin la parole aux ghettos, jusqu’ici méprisés au cinéma, notamment dans Do the Right Thing, tourné à Brooklyn où à travers les images et les dialogues, on ne cache plus les quartiers populaires. Ce cinéma s’inspire aussi énormément de la culture hip-hop : il en reprend tout d’abord la musique, mais aussi les codes vestimentaires et linguistiques, enfin, les messages subversifs.
Cela correspond à un besoin urgent de combler un vide, parler de son environnement, affirmer sa différence et revendiquer son mode de vie : une nécessité de se réapproprier l’histoire. Les émeutes sont représentées, les personnages réclament justice, le cinéma est en colère.
Les situations décrites par ces films renvoient aux années 60 à 90 mais n’en demeurent pas moins très actuelles. D’où la nécessité de donner la parole à ces cinéastes qui perpétuent les combats.

Journaliste franco-burkinabè membre de la Fédération africaine des critiques de cinéma,
Claire Diao est spécialisée dans les cinémas d’Afrique. Correspondante du magazine sud-africain Screen Africa, elle collabore avec SoFilm, Bondy Blog, Le Monde Afrique, Canal Afrique et a co-fondé la revue digitale Awotélé.

Claire Diao donnera une conférence sur le cinéma afro-américain Samedi 23 janvier à 17h

Vendredi 22 janvier à 18h30

Do the right thing

Spike LEE
USA, 1989, 2h (Num.)
Int. : Spike Lee, John Turturro, Danny Aiello…

À Brooklyn, Mookie, un jeune Noir, est livreur dans une pizzeria tenue par Sal et ses deux fils, Italo-américains. En cette fin du mois de juillet, la chaleur est insupportable.
Les esprits s’échauffent autour des conflits de communautés et des moyens de la lutte sociale : légitimité de la violence selon le discours de Malcolm X ou pacifisme selon les principes de Martin Luther King.
Un film marquant tant du point de vue socio-politique que de l’affirmation de la culture afro- américaine.

Samedi 23 janvier à 15h : projection de Sidewalk Stories, suivie à 17h de la conférence de Claire Diao et à 18h30 de la projection de Residue

15 h

Sidewalk Stories

Charles LANE
USA, 1989, 1h38 (Num.)
Int : C. Lane, N. Alysia, S. Wilson…

Vingt ans avant The Artist, Sidewalk Stories est un hommage incontesté au film Le Kid de Charles Chaplin. Tourné dans un somptueux noir et blanc, et dans l’esprit des films muets des années 1920, le film relate avec malice et tendresse l’histoire d’une amitié entre un vagabond et une fillette.

Sidewalk Stories fait partie de ces films du Nouveau Cinéma afro-américain des années 1980 qui abordent des sujets polémiques tels que les sans-abri, le quotidien du ghetto, les revendications politiques de la communauté, comme ceux de Spike Lee ou John Singleton.

18h30

Residue

Merawi GERIMA
USA, 2020, 1h30 (Num.)
Int : Dennis Lindsey, Obinna Nwachukwu, Taline Stewart
Film présenté en avant-première par Claire Diao

Jay, scénariste en herbe, retourne dans son vieux quartier, et y découvre à quel point celui-ci, et lui-même, ont changé. Avec pour arrière-plan la gentrification urbaine contemporaine – les résidents les plus pauvres, d’origine majoritairement afro-américaine, se trouvent poussés hors de leurs quartiers par des propriétaires plus riches et majoritairement blancs.
Choc formel en même temps qu’un puissant film politique, ce premier
film de Merawi Gerima, d’une actualité brûlante, révèle un talent
extrêmement prometteur.

Dimanche 24 janvier 16h30

Si Beale Street pouvait parler

Barry JENKINS
USA, 2018, 1h59 (Num.)
Int. : KiKi Layne, Stephan James…

Harlem, années 70. Tish et Fonny s’aiment et sont prêts pour toute une vie ensemble. L’Amérique, elle, ne l’est pas. Fonny est accusé de viol et incarcéré. Tish est enceinte, elle entreprend un combat pour l’innocenter.

Le film s’inspire d’un roman de James Baldwin et il est imprégné par une esthétique qui célèbre la lutte pour la reconnaissance de l’identité noire.

En partenariat avec la Ligue des droits de l’Homme

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

En soumettant ce formulaire, j'accepte que les informations saisies soient utilisées dans le cadre de ma demande et de la relation commerciale qui peut en découler avec l'institut Jean Vigo conformément à la politique de confidentialité du site.