REPORTE

Un week end consacré au cinéma Afro américain avec le critique de cinéma Essimi Mevegue

Du vendredi 13 novembre au dimanche 15

Ancré dans sa société, le cinéma noir américain n’a cessé d’évoluer depuis les années soixante-dix. En lien direct avec ses dirigeants politiques et les moeurs de son époque, il raconte, crée et frappe la société qu’il subit.
Lorsque l’on plonge dans la filmographie des oeuvres afro-américaines, il apparaît très clairement le besoin de raconter, de sortir du silence, de rendre hommage aux victimes, aux héros et aux figures marquantes des luttes allant de l’abolition de l’esclavage à celles pour les droits civiques en passant par la lutte contre le racisme.
Spike Lee posera dans les années 90 les bases de son cinéma contestataire et intelligent, à la base du New Jack Cinema. Ces années-là donnent enfin la parole aux ghettos, jusqu’ici méprisés au cinéma, notamment dans Do the Right Thing, tourné à Brooklyn où à travers les images et les dialogues, on ne cache plus les quartiers populaires. Ce cinéma s’inspire aussi énormément de la culture hip-hop : il en reprend tout d’abord la musique, mais aussi les codes vestimentaires et linguistiques, enfin, les messages subversifs.
Cela correspond à un besoin urgent de combler un vide, parler de son environnement, affirmer sa différence et revendiquer son mode de vie : une nécessité de se réapproprier l’histoire. Les émeutes sont représentées, les personnages réclament justice, le cinéma est en colère.
Les situations décrites par ces films renvoient aux années 60 à 90 mais n’en demeurent pas moins très actuelles. D’où la nécessité de donner la parole à ces cinéastes qui perpétuent les combats.

Journaliste, producteur et critique de cinéma, il a travaillé notamment dans l’émission Ciné Le Mag diffusée sur Canal Plus International. Co-auteur et producteur du documentaire Spike Lee censuré en France?, il travaille actuellement sur un documentaire sur l’histoire de la presse Hip-Hop en France. 

Essimi Mevegue donnera une conférence sur le cinéma afro-américain Samedi 14 novembre à 17h

Vendredi 13 novembre à 18h30

Si Beale Street pouvait parler

Barry JENKINS
USA, 2018, 1h59 (Num.)
Int. : KiKi Layne, Stephan James…

Harlem, années 70. Tish et Fonny s’aiment et sont prêts pour toute une vie ensemble. L’Amérique, elle, ne l’est pas. Fonny est accusé de viol et incarcéré. Tish est enceinte, elle entreprend un combat pour l’innocenter.

Le film s’inspire d’un roman de James Baldwin et il est imprégné par une esthétique qui célèbre la lutte pour la reconnaissance de l’identité noire.

En partenariat avec la Ligue des droits de l’Homme

Samedi 14 novembre à 15h : projection de Sidewalk Stories, suivie à 17h de la conférence d’Essimi Mevegue et à 18h de la projection de Do The Right Thing

Sidewalk Stories

Charles LANE
USA, 1989, 1h38 (Num.)
Int : C. Lane, N. Alysia, S. Wilson…

Vingt ans avant The Artist, Sidewalk Stories est un hommage incontesté au film Le Kid de Charles Chaplin. Tourné dans un somptueux noir et blanc, et dans l’esprit des films muets des années 1920, le film relate avec malice et tendresse l’histoire d’une amitié entre un vagabond et une fillette.

Sidewalk Stories fait partie de ces films du Nouveau Cinéma afro-américain des années 1980 qui abordent des sujets polémiques tels que les sans-abri, le quotidien du ghetto, les revendications politiques de la communauté, comme ceux de Spike Lee ou John Singleton.

Samedi 14 novembre à 18h

Do the right thing

Spike LEE
USA, 1989, 2h (Num.)
Int. : Spike Lee, John Turturro, Danny Aiello…

À Brooklyn, Mookie, un jeune Noir, est livreur dans une pizzeria tenue par Sal et ses deux fils, Italo-américains. En cette fin du mois de juillet, la chaleur est insupportable.
Les esprits s’échauffent autour des conflits de communautés et des moyens de la lutte sociale : légitimité de la violence selon le discours de Malcolm X ou pacifisme selon les principes de Martin Luther King.
Un film marquant tant du point de vue socio-politique que de l’affirmation de la culture afro- américaine.

Dimanche 15 novembre 16h30

Detroit

Kathryn BIGELOW
USA, 2017, 2h14 (Num.)
Int. : John Boyega, Will Poulter, Algee Smith…

Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent. La guerre du Vietnam et la ségrégation raciale nourrissent la contestation.
À Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir les détonations. Bafouant toute procédure, les policiers soumettent une poignée de clients de l’hôtel à un interrogatoire sadique pour extorquer leurs aveux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

En soumettant ce formulaire, j'accepte que les informations saisies soient utilisées dans le cadre de ma demande et de la relation commerciale qui peut en découler avec l'institut Jean Vigo conformément à la politique de confidentialité du site.