CYCLE « L’EXPÉRIENCE DIAGONALE » avec la réalisatrice Marie-Claude Treilhou

du 19 au 26 mars

En 1976, Paul Vecchiali crée une maison de production, Diagonale, une structure libre où les cinéastes partageraient la même équipe technique, la même troupe d’acteurs, occuperaient tour à tour les postes de monteur, machino, acteur, entreraient dans la production de leurs films à participation et n’obéiraient qu’à une seule loi : ne jamais dépasser le budget, tourner vite, tourner libre.

Ainsi Diagonale a pu produire (en demandant à chaque réalisateur une participation sur leur salaire en échange de royalties à venir) les premiers films de Jean-Claude Biette, Jean-Claude Guiguet, Gérard Frot-Coutaz, Marie-Claude Treilhou.

Marie-Claude Treilhou sera présente le 19 mars pour parler de cette expérience unique dans l’histoire du cinéma français. Elle présentera également son premier long métrage, récemment  restauré.

Marie-Claude Treilhou est aussi formatrice au sein des Ateliers Varan, école du documentaire. L’Institut Jean Vigo accueille la dernière étape de la formation du 18 au 22 mars prochain. Cette formation débouche sur une journée de restitution des projets des participants, devant un jury de professionnel ouvert au public le jeudi 21 mars dans notre salle Marcel Oms.

A propos de Marie-Claude Treilhou

Née en 1948 à Toulouse, Marie-Claude Treilhou fait des études de philosophie et d’Histoire de l’art, puis collabore aux revues Cinéma et Art press de 1974 à 1977. Après avoir été stagiaire sur le film « Corps à cœur » de Paul Vecchiali, elle se lance dans la réalisation, en 1979, avec « Simone Barbès ou la vertu ». Navigant entre fiction et documentaire, elle obtient le prix Jean-Vigo pour son court-métrage « Lourdes, l’hiver ». Après « L’âne qui a bu la lune », adaptation de contes méridionaux, elle fait exceptionnellement appel à des comédiens professionnels avec « Le Jour des rois ». Les héros de Marie-Claude Treilhou sont le plus souvent de simples gens traversés par les grands bouleversements de l’Histoire ou bien portés par un travail qui les transforme et dont elle veut communiquer l’enthousiasme, le perfectionnisme et la grâce. La cinéaste a également fait quelques apparitions dans des films d’amis. En parallèle, elle est membre et formatrice aux Ateliers Varan, tant en France (Paris, Corse, Cévennes, Guadeloupe) qu’à l’étranger (Serbie, Afghanistan).

Programmation :

 

Mardi 19 mars à 19h30

Simone Barbès ou la vertu, Marie-Claude TREILHOU, France, 1980, 1h15

Int : Ingrid Bourgoin, Martine Simonet…
Une nuit avec Simone Barbès, ouvreuse dans un cinéma porno et malheureuse en amour.
D’abord à son travail, elle se confie à sa collègue, interrompue par les clients ; ensuite dans une boîte lesbienne où son amie est serveuse ; enfin dans les rues de Paris.
Coup de maître d’un culot et d’une grâce infinis, ce film apparaît comme l’un des chefs-d’œuvre oubliés du cinéma français.
En présence de la réalisatrice

 

Jeudi 21 mars à 19h30

Beau temps mais orageux en fin de journée, Gérard FROT-COUTAZ, France, 1986, 1h25

Int : Micheline Presle, Claude Piéplu…

Jacques et Jacqueline sont mariés depuis quarante ans. Aujourd’hui, leur vie commune est une alternance d’instants de tendresse et de petites querelles, à tout propos. L’arrivée imprévue de leur fils Bernard, accompagné d’une jeune fille, présentée comme « une connaissance » va créer quelques problèmes…

En présence de Marie-Claude Treilhou

Séance précédée d’un apéro du Marabouthé à 19h.

 

Mardi 26 mars à 19h30

Les Belles Manières, Jean-Claude GUIGUET, France, 1979, 1h30   

Int : Hélène Surgère, Hervé Duhamel…

Camille, jeune provincial, est logé « gratuitement » à Paris par une bourgeoise. En contrepartie, il doit s’occuper du fils de la dame, lequel vit cloîtré dans sa chambre. D’abord ravi par la gentillesse et les bonnes manières de sa logeuse à son égard, Camille réalise que ces marques d’attention ne sont qu’un vernis qui peut-être cache de la pitié.

Des rapports de classes, finement illustrés par la précision de la mise en scène, l’attention portée aux attitudes, aux gestes, autant qu’aux paroles.

 

A propos des Ateliers Varan

En 1978, les autorités de la jeune république mozambicaine demandent à des cinéastes connus de venir filmer les mutations du pays. Jean Rouch propose, à la place, de former de futurs cinéastes locaux afin qu’ils puissent filmer leur propre réalité. Avec Jacques d’Arthuys, attaché culturel de l’Ambassade de France, ils constituent un atelier de formation au cinéma documentaire à la pédagogie toujours actuelle : l’enseignement par la pratique. Après cette première expérience, un atelier est créé à Paris en 1980 pour des stagiaires de différents pays. C’est le début des Ateliers Varan.

Aux Ateliers Varan, on apprend, en s’initiant à la pratique du cinéma documentaire, à ouvrir son regard sur le monde.

Ce n’est pas une école au sens classique et académique du terme : les méthodes de travail y poussent à l’extrême le principe de l’enseignement par la pratique. Tout s’articule, pour chaque étudiant, autour de la fabrication de films « en grandeur réelle ». C’est aussi un espace de liberté hors des contraintes des lois du marché audiovisuel, on y incite les stagiaires à traverser une véritable expérience cinématographique. Les apprentis cinéastes y apprennent à chercher leur propre chemin de langage. C’est en réalisant son film que chaque stagiaire s’initie à l’écriture cinématographique, à la prise de vue, à la prise de son, à la réalisation et au montage.

Réaliser accélère et inscrit durablement l’apprentissage.

Dans la lignée du cinéma direct de Jean Rouch, Richard Leacock, Pierre Perrault ou Frederick Wiseman, l’enseignement aux Ateliers Varan, c’est apprendre à rendre la parole trop souvent dérobée au sujet filmé, lui restituer sa respiration propre et ses complexités, dans la durée. C’est également apprendre sinon à s’effacer, du moins à se mettre au service, en recherchant la place la plus pertinente, à définir son point de vue, à situer son regard.

 

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