Description de l'évènement

Ciné-concert
Accompagnement au piano par René-Marc Bini
Une Héroïne de 4 ans
Alice Guy, France, 1907, 5’

La Femme collante
Alice Guy, France, 1906, 2’

La femme doit voter
Réalisateur anonyme, France, 1912, 1’

La grève des bonnes
Charles-Lucien Lépine, France, 1906, 8’

La Terroriste
Réalisateur anonyme, France, 1907, 10’

Le Rêve d’une féministe
Réalisateur anonyme, 1909, 3’

The Suffragette Derby of 1913
Réalisateur anonyme, Royaume-Uni, 1913, 5’ (intertitres anglais)

Les Résultats du féminisme
Alice Guy, France, 1906, 7’

Réalisatrice à l’époque des origines, en France puis en Amérique, ce qui n’était pas répandu, Alice Guy a été promue comme une des icônes de l’émancipation féminine, « première femme cinéaste » comme elle s’est intitulée elle-même. Une part de légende couvre cette réputation. Néanmoins, il est clair que son œuvre traite sans y toucher la condition féminine comme dans ce film français qui présente une inversion carnavalesque des rôles achevée par un apparent retour à l’ordre sur lequel on peut s’interroger.

Des femmes rebelles à l’affiche

Au tournant du XXe siècle, les femmes se mobilisent pour la défense de leurs droits et leur reconnaissance à l’égal des hommes. Avant même que les actualités cinématographiques n’aient enregistré la mort tragique de la suffragette Emily Davison sous les sabots du cheval du roi Georges V à l’occasion du Derby d’Epsom, les salles de cinéma se font l’écho de ces aspirations. Ce n’est pas pour autant qu’il faudrait en déduire que réalisateurs et sociétés de production ont pris fait et cause pour les revendications féministes. Loin de là ! L’espoir d’obtenir le droit de vote, de partager les tâches ménagères entre époux est plutôt tourné en dérision dans des bandes burlesques où les deux sexes se partagent la palme du loufoque, parfois du grotesque.

Au-delà de cette caricature de revendications légitimes, ce traitement montre que le sujet n’est pas anodin et qu’il est important pour les spectateurs contemporains, spectateurs qui comprennent de nombreuses spectatrices. Cette rébellion des femmes au cinéma se déploie avec des accents politiques (La Terroriste), sociaux (La Grève des bonnes) ou sociétaux (Le Rêve d’une féministe – Les Résultats du féminisme). Les bandes d’Alice Guy, premier directeur de production et première réalisatrice de l’histoire du cinéma, s’inscrivent parfois dans un autre registre, comme cette Héroïne de quatre ans qui d’enfant intrépide devient une sorte de Superman du quotidien ou cette Femme collante qui reprenant les canons du burlesque aborde l’épineuse question de l’identité, sujet troublant surtout qu’à y voir de près cette femme… est un homme !

Deux décennies et une guerre mondiale plus tard, les femmes ont prouvé qu’elles pouvaient en toutes circonstances assumer tâches et responsabilités prétendument réservées aux hommes, mais la paix revenue et le quotidien reprenant ses droits, être un brillant avocat et une femme amoureuse épanouie ne va toujours pas de soi. La comédie de Robert Z. Leonard, The Waning sex (1926), revient à travers le charmant personnage de Nicole Duane sur les choix cruels que durent faire certaines femmes entre réussite professionnelle et vie sentimentale. Nicole (Norma Shearer) portant avec grâce les cheveux courts et le pantalon, damant le pion à tous les ténors du barreau, dont son fiancé, devra affronter ce dilemme, puisque comme le suggère la traduction littérale du titre, Le sexe déclinant, tout reste une question de pouvoir et de domination.

Béatrice De Pastre

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