Description de l'évènement

Un été de cinéma en plein air !

Quatre soirées d’été sous le ciel étoilé de Perpignan, au cœur de l’église des Grands Carmes pour se retrouver autour de films cultes. Les ciné plein air à l’Arsenal, c’est aussi une guinguette, de la musique, des jeux vidéo vintage, des films surprises dans notre salle, un petit marché pour les cinéphiles !

19h  • La guinguette

📽️ Diffusion surprise salle Marcel Oms

🎤 Musique : concert – groupe à venir

🎨 Vente d’affiches de films
🍔 🚚 Foodtrucks & bar : cuisine et boissons en circuit court ! avec Sorrentino Streetfood et la Cantine Latina

 

21h30 • La projection dans l’Église des Grands Carmes

Astérix et Obélix, mission Cléopatre

Alain Chabat, France, 2022, 1h52

Avec Gérard Depardieu, Christian Clavier, Jamel Debbouze, Edouard Baer

Cléopâtre, la reine d’Égypte, décide, pour défier l’Empereur romain Jules César, de construire en trois mois un palais somptueux en plein désert. Si elle y parvient, celui-ci devra concéder publiquement que le peuple égyptien est le plus grand de tous les peuples. Pour ce faire, Cléopâtre fait appel à Numérobis, un architecte d’avant-garde plein d’énergie.

 

…Ainsi Alain Chabat épouse-t-il, grande pompe et gros budget, toute la célèbre BD de Goscinny et d’Uderzo. Toute ? Non ! Car la facétieuse imagination de l’ex-Nul résiste encore et toujours à la luxueuse pesanteur d’une adaptation trop littérale autant qu’au risque d’une trahison pure et simple. Astérix et Obélix contre César, l’opus précédent réalisé par Claude Zidi, se contentait d’accumuler les baffes et les gros gags à effets spéciaux. Ici, c’est tout le contraire : autant de différence entre les deux films qu’entre les albums avec et sans Goscinny. La filiation ludique avec ce dernier est évidente. Voir (et savourer) les déclarations d’Itinéris (« Vous avez deux nouveaux messages »), les patronymes en tous genres, de Cartapus, espionne aux méthodes très personnelles, à Otis, le contremaître inventeur d’un engin qui

Mais Alain Chabat ne se contente pas d’être l’héritier docile d’un univers qui l’a nourri. Loin de dépoussiérer avec respect un patrimoine comique archifamilier, il se l’approprie, le fait joyeusement imploser, à coup d’hilarantes bombinettes personnelles et de référents contemporains. Un peu de Claude François par-ci (Alexandrie, bien sûr), du kung-fu (fou) par-là, de la satire de moeurs (Ciiiisârrr refoulé à l’entrée d’une sauterie mondaine) et même du cartoon au fond des pyramides. Cette dinguerie parodique tous azimuts nous est aussi familière. Elle porte le sceau de Canal+ : « Canal historique » pour Chabat lui-même, Canal dernière période pour les tirades farfelues d’Edouard Baer ou les facéties de Jamel Debbouze.

Et c’est ainsi que Mission Cléopâtre, inspiré d’un des meilleurs albums de la série, en vient à ce paradoxe : Astérix et Obélix, et leurs superstars d’interprètes, n’y sont que des personnages secondaires. C’est une vraie révolution de palais ! Débarrassé de ses tics de Visiteur cabotin, Christian Clavier forme avec Gérard Depardieu un tandem d’une stupéfiante discrétion, un couple de quasi-spectateurs face aux numéros débridés de leurs partenaires. Affublés d’invraisemblables perruques, chaussant cothurnes et sandalettes, les comédiens s’emballent et folâtrent à coeur joie. Edouard Baer pérore ad libitum sous ses bouclettes ; Dieudonné reste impavide sous son casque. Tandis que Gérard Darmon traverse tout le film, l’oeil torve et la démarche oblique, façon traître du cinéma muet, Chantal Lauby fait une mémorable apparition (Cartapus, c’est elle). Mais c’est Jamel Debbouze, en petit architecte angoissé, qui est le vrai héros du film, son indispensable clef de voûte. Il est partout, petite silhouette bondissante ou écrasée, marmonnant et protestant, créant un personnage comique inédit, comme le fit de Funès en son temps. Mais s’il a amené en terre d’Egypte toute sa (réjouissante) panoplie ­ débit à la mitraillette, bredouillements et dérapages verbaux, écarquillements enfantins ­, il a aussi su l’adapter au sérieux dérisoire de son personnage, inventant pour lui une gestuelle plus précise, une ruse inédite dans les mirettes.

Chabat a eu les moyens de tout oser, de la séquence de comédie musicale à la reproduction à l’identique de certaines vignettes. Savoureuse combinaison de grand spectacle « pharaonique » et de sketchs alertes et rapides hérités du petit écran, le film offre une inédite cure de jouvence (de potion magique ?) à la comédie made in France. En choisissant un Nul, le producteur Claude Berri a eu du nez. Et quel nez !

Cécile Muryx, Télérama 24/01/2023

 

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