Rencontre avec Romain Laguna autour de son 1er long-métrage tourné en région, Les Météorites

Jeudi 10 décembre à 19h30

Romain Laguna est né en 1986 près de Béziers. Après une licence d’Arts du spectacle à Montpellier, un stage dans une société de production de clips de rap et plusieurs courts métrages autoproduits, il entre à la Fémis en 2009. Il y rencontre Charles Philippe et Lucile Ric, jeunes producteurs. Avec eux, il réalise trois courts métrages : À trois sur Marianne, Bye bye Mélancolie et J’mange froid, ce dernier a été sélectionné pour les César 2019. En 2017, il tourne son premier long métrage dans sa région natale, Les Météorites. Tourné dans les magnifiques montagnes de l’Hérault, c’est aussi le portrait d’une jeunesse à la marge, celle des squats et des petits boulots saisonniers, magnifiée dans ce premier long sauvage et poétique.

Les Météorites, Romain LAGUNA, France, 2019, 1h25 (Num.)
Avec Zéa Duprez, Billal Agab…

Tourné près de Montpellier par un natif de la région, le film raconte la jeunesse actuelle mais aussi une certaine idée du Sud de la France. Oscillant entre film intimiste et fantastique, Les Météorites illustre les désirs et fantasmes de Nina, 16 ans, qui tombe amoureuse pour la première fois. Ce voyage initiatique nous amène au cœur des vignobles du Languedoc à travers le regard d’une adolescente proche de la nature.

 

L’Histoire du film :

Romain Laguna commence l’écriture du film Les Météorites à la sortie de la Fémis en septembre 2013. Il a envie de filmer une histoire d’adolescents dans le massif du Caroux : « Ce petit bout de caillou au Nord de Béziers a formé la ligne d’horizon de mon enfance . » Dans la première version du scénario, Alex est le personnage principal. Il évolue dans ce milieu rural et viticole, avec sa bande de copains, en rivalité avec la bande de la ville voisine. « Je souhaitais parler de Béziers et du climat politique très à droite. Le scénario se terminait sur une bataille rangée dans la cité. » Puis Romain Laguna concentre son propos sur l’histoire d’amour entre Nina et Morad, ce garçon aussi insaisissable qu’une météorite. « J’avais finalement plus une envie de paysage, qu’une envie d’histoire », décrit-il. La montagne du Caroux, surnommée « la femme allongée », prend alors une place à part dans la narration. Une légende locale alimente le nouveau fil rouge du film : un couple de géants amoureux, Cébenna et Réa, descendants des Titans auraient vécus là. Tous deux sont pacifiques, mais Zeus envoie Réa à la guerre. Cébenna l’attend pendant mille ans, puis elle se retire dans la montagne et se change en pierre. La narration prend le temps du cheminement et de l’errance et se dépouille progressivement de ses dialogues pour raconter cette histoire d’un homme et d’une femme qui se ratent.

Le tournage :

Le tournage a duré 31 jours entre août et septembre 2017. Romain Laguna s’entoure de son équipe de fidèles : chef opérateur, ingénieur du son et scripte. Durant les premiers jours, l’équipe est légère pour tourner « en mode documentaire » les scènes de corrida pendant la Feria de Béziers, à la plage au Cap d’Agde et à la rivière. « Nous étions cinq, c’était idéal pour les comédiens, tous non-professionnels, qui n’avaient aucune expérience de tournage. Ensuite l’équipe au complet nous a rejoints. Nous étions 25 avant de revenir à la configuration réduite pour les derniers jours de tournage dans le Caroux. »Lui qui sillonne l’Hérault de long en large depuis son enfance, souhaite garder une cohérence en choisissant des décors rapprochés les uns des autres.Il tourne en format 4/3, une décision prise au moment des repérages, alors qu’il imaginait au départ tourner en scope. « Ce format permet de resserrer le cadre un maximum pour créer de l’extra réalisme. Tout est très réaliste, bien qu’on soit en permanence dans le cerveau de Nina, dans ses fantasmes et ses délires, ce qui donne une dimension onirique à cette histoire d’amour toute simple. »Le réalisateur laisse une certaine liberté d’improvisation aux comédiens, tous non-professionnels. « Je voulais travailler avec des gens du coin, pour qu’ils aient des accents du midi, et aussi pour des raisons pratiques, de budget. Au moment des répétitions, j’ai fait travailler les comédiens sur des impros autour du scénario pour les habituer à la caméra, cela m’a donné envie de rajouter des scènes qui n’étaient pas écrites. J’ai décidé de couper dans les dialogues et de transformer la narration. Comme les comédiens étaient bons dans l’improvisation, sur le plateau, mon instinct a pris le relais après ces années d’écriture. »Parfois ce sont les décors qui imposent des inventions de mise en scène. « Alors qu’on tournait dans le Caroux, on est tombé sur un olivier millénaire, on ne pouvait pas ne pas l’immortaliser. On a improvisé une scène ce jour-là avec le test de grossesse, qui n’était pas du tout écrite ainsi. »

 

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