Le comédien Pascal Greggory sera l’invité de l’Institut Jean Vigo le mardi 4 octobre.

A 18h, il donnera une leçon de cinéma faisant découvrir au public son univers cinématographique

A 19h10, il présentera le film Gabrielle de Patrice Chéreau

Pascal Greggory

Né à Paris, Pascal Greggory suit les cours Jean Périmony puis ceux du Conservatoire en auditeur libre.

Carrière au cinéma

Il débute au cinéma en 1975, et après deux brèves apparitions, il se fait engager par André Téchiné pour Les soeurs Brönte (1978) : face à Adjani, Huppert et Pisier, il porte le personnage tourmenté et excessif de Branwell, le frère Brönte. Le film marche mal et la carrière de Pascal Greggory ne décolle pas. S’il fait incontestablement partie de la génération des nuits parisiennes des « années Palace » et se forge une réputation de « mauvais garçon », il ne fait que de courtes et peu remarquées apparitions à l’écran.
Eric Rohmer exploite son physique lisse et fragile d’ange dans Pauline à la plage (1982), où il campe un moniteur de planche à voile un tantinet play-boy. Ne maîtrisant pas son image, le jeune homme qui part à la dérive monte encore sur les planches des théâtres. Il croise alors le chemin de Patrice Chéreau en 1987, une rencontre que Pascal Greggory qualifie lui-même de « déterminante », ce qui relance sa carrière au cinéma. Plus mature, il s’assagit, travaille son image et sa conception du métier. En 1992, Rhomer fait à nouveau appel à lui pour camper Julien Dechaumes, le fameux maire socialiste de L’arbre, le maire et la médiathèque. Puis il incarne un duc d’Anjou homosexuel, violent et froid dans La reine Margot (1993) et un critique d’art solitaire dans Ceux qui m’aiment prendront le train (1997) – ce qui lui vaut une nomination aux Césars -, deux films réalisés par Chéreau et présentés au festival de Cannes.
Pour Zonzon (Laurent Bouhnik, 1997), il s’impose plusieurs heures de musculation par jour pour entrer dans la peau de Franky le taulard. Luc Besson le fait duc d’Alençon dans son Jeanne d’Arc (1998) et Raoul Ruiz dans son adaptation de l’oeuvre de Proust Le temps retrouvé (1998), lui confie le rôle de Robert de Saint-Loup, raffiné et cynique à souhait. Pommettes saillantes, corps d’athlète, l’acteur peut insuffler à ses personnages un côté dur et brutal. L’acteur s’essaye à la comédie, cruelle avec La confusion des genres (Ilan Duran Cohen, 1999), où il campe un avocat qui a bien du mal à gérer sa bisexualité. A la fin des années 90, le public français commence à mettre un nom sur son visage, pourtant familier.
Pascal Greggory ne recherche pas la facilité mais « l’étrangeté » comme il le dit lui-même. Il peut désormais se payer le luxe de choisir ses rôles, et les oriente vers les réalisations d’auteurs. Dans Raja (Jacques Doillon, 2002), l’acteur crève l’écran dans son personnage d’occidental empêtré dans une relation ambiguë et ratée avec une jeune marocaine. Chéreau lui offre un grand rôle face à Isabelle Huppert dans le drame amoureux Gabrielle (2004) ou l’histoire d’un couple qui a explosé ; les critiques sont élogieuses ; l’acteur habite totalement son personnage bourgeois sans aspérités, qui finit par exploser. L’année suivante il participe à l’aventure du film de Maïwenn, qui sans aucun budget tourne Pardonnez-moi, une histoire de famille où les secrets refont surface, en laissant une liberté totale d’improvisation aux acteurs ; Pascal Greggory, avec son goût pour le décalé, est parfaitement à l’aise dans le rôle du père de famille brutal et borné.
Puis l’acteur se paye le luxe d’une troisième nomination au César pour son rôle du manager d’Edith Piaf dans La Môme de Olivier Dahan (2006). Dans Rien de personnel, premier film de Mathias Gokalp (2008), il est un grand patron dont la société organise un dîner de gala, dîner qui s’avère en réalité être une séance d’évaluation pour les salariés. Pascal Greggory, qui aime le risque et comme il le dit lui-même « préfère être à la marge, là où il y a davantage d’air pour respirer », se prête encore à un premier film avec L’Enfance du mal (2009) ; il y endosse le rôle d’un juge de province, à la morale bourgeoise irréprochable mais dont l’édifice va s’écrouler lorsqu’il va tomber amoureux d’une toute jeune fille.
Pascal Greggory retrouve Jacques Doillon pour Le Mariage à trois (2009), un vaudeville sérieux où l’acteur incarne Auguste, un auteur dramatique qui reçoit chez lui les interprètes de sa pièce. En 2010 il participe au film de Virgine Despentes Bye Bye Blondie, où il joue un écrivain homosexuel raté et déroutant.

Autres activités

Pascal Greggory s’est toujours produit au théâtre ; son travail avec Patrice Chéreau le fait triompher dans Hamlet, puis dans la pièce de Bernard-Marie Koltes : Dans la solitude des champs de coton (1996), puis Phèdre (2003) et Rêve d’automne de Jon Fosse (2010). Le comédien s’illustre majoritairement dans des pièces du répertoire comtemporain. Il participe également à des films pour la télévision.
Il est décoré de la Légion d’honneur.

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