Description de l'évènement

Jeudi 27 octobre 2022 à 19h

Moderato Cantabile

Peter Brooks

France, 1960, 1h35 (35mm)

Avec : Jeanne Moreau, Jean-Paul Belmondo, Didier Haudepin…

Anne Desbaresdes, femme d’un industriel d’une petite ville du Bordelais, s’ennuie. Seul son fils l’occupe. Un jour, pendant que l’enfant étudie une sonatine au piano, on entend un cri épouvantable. Une femme vient d’être assassinée. À cette occasion Anne fait la connaissance d’un jeune ouvrier qu’elle va bientôt aimer.

Avant même de réaliser ses propres films, l’œuvre de Marguerite Duras divise de façon très clivante la critique. La preuve en est cette diatribe de Guy Alombert sur le film dans la Saison 1960 «…Tout l’artifice d’une exécrable littérature apparaît derrière un néant cinématographique… ».

Heureusement d’autres critiques, tel Jean Thibaudeau dans La NRF n°93 sont plus clairvoyants : « Moderato Cantabile, le film, oblige les mauvais esprits à se déclarer. Qui s’accommodait de la lecture brusquement est obligé de voir. Voilà le premier, le grand mérite de Peter Brook… Une question se pose alors. Les images n’étant pas les mots, n’était-il pas nécessaire, de toute façon, de trouver autre chose, un équilibre spectaculaire, du moment que l’usage du cinéma empêchait le langage de tenir seul la réalité ? L’art de Marguerite Duras, sans doute, était si précis qu’il ne pouvait changer de forme sans modifier sa matière.

Peter Brook a introduit le texte dans une continuité magique. Il a composé assurément un chef-d’œuvre, sans aucune faute, sans aucune faiblesse par rapport à lui-même. Que le spectateur accepte les premières images, et le voici sous le charme pour toute la représentation.»

Jacques Verdier


Marguerite Duras : Du texte aux images

C’est à la fin des années 50 que commence la relation passionnée et passionnelle de Marguerite Duras avec le cinéma, lorsqu’Alain Resnais la sollicite pour écrire le scénario d’Hiroshima mon amour. Dans la foulée elle adapte et écrit les dialogues son roman Moderato Cantabile pour le metteur en scène Peter Brook. Suivront des adaptations de ses romans (Un barrage contre le pacifique, Le marin de Gibraltar…) qu’elle reniera toutes au point de décider elle-même de faire des films dont le plus célèbre est peut-être India Song et le plus radical L’Homme atlantique. De ces films « qui font primer la diction sur l’action et la bande son sur l’image » comme l’explique Maïté Snauwaert dans Duras et le cinéma, elle s’explique dans des textes d’entretiens qui relèvent autant du manifeste pour un cinéma expérimental que du pamphlet contre le cinéma commercial.

Si Marguerite Duras demeure extrêmement présente 22 ans après sa disparition, cela tient à l’extraordinaire contemporanéité de son écriture capable de se porter tour à tour vers le livre, vers le théâtre, comme vers le cinéma, car c’est bien le même texte qui passe de l’un à l’autre, c’est bien la même écriture qui devient parole, texte ou image. On est là au cœur du système esthétique de Duras, au cœur de son cinéma.

Et à ses détracteurs elle répondait dans Les yeux verts « …Les raisons de faire du cinéma pour moi ils ne les aperçoivent pas, ils disent que ce n’est pas la peine…Mais on peut aussi faire des films que ce n’est pas la peine de faire ».

Jacques Verdier

Jeudi 27 octobre à 19h, avant la projection de Moderato Cantabile
Rolland, comédien, lira la nouvelle de Marguerite Duras, L’Homme atlantique, qu’elle transformera en son film le plus radical.

Billetterie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

En soumettant ce formulaire, j'accepte que les informations saisies soient utilisées dans le cadre de ma demande et de la relation commerciale qui peut en découler avec l'institut Jean Vigo conformément à la politique de confidentialité du site.