Description de l'évènement

Mercredi 4 septembre à 17h

Dans le cadre du Festival VISA pour l’Image, l’Institut Jean Vigo invite Florent Marcie pour présenter son dernier documentaire Tomorrow Tripoli

Depuis une trentaine d’années, Florent Marcie parcourt les zones de guerre et réalise des films dans la durée, y engageant sa propre vie jusqu’à la limite du possible. Discret et courageux, il n’avait jamais été blessé, ni pendant le siège de Sarajevo, ni sur les fronts de guerre Afghans, ni sous les bombes en Tchétchénie, ni sous les balles en Libye, ni dans les ruines de guerre à Mossoul ou à Raqqa. .. En janvier dernier, pour la première fois, il a été blessé au visage par une balle de LDB, tirée par la police française alors qu’il filmait les manifestations des Gilets Jaunes à Paris dans le cadre de son nouveau film en cours sur l’Intelligence artificielle et l’humanité. Florent n’en tire aucune conclusion. Il ne s’habille jamais en victime ou en héros, il est un filmeur, il vit dans l’action et en assume les risques. C’est comme ça…

(source : Les Mutins de Pangée)

Florent Marcie tourne, monte et finance lui-même ses films, dans une économie de moyens et une précarité qui le rapprochent sans conteste des hommes et des femmes qu’ils côtoient. En résulte des films longs formats, à la lisière entre cinéma et reportage, présentés en décalage de la stricte actualité. Une forme de troisième voie qu’il revendique.
Florent Marcie commence la photographie en 1989 pendant la révolution roumaine, avant de s’orienter vers la réalisation de documentaires.

Après un premier film consacré aux habitants d’une voie ferrée désaffectée du 13e arrondissement de Paris (La Tribu du tunnel, 1995), il produit un documentaire sur la mafia sicilienne (Une fille contre la mafia, 1997), puis délaisse les médias institutionnels pour privilégier une pratique indépendante.
Travaillant sans équipe, il produit, tourne et monte lui-même ses films grâce aux nouvelles possibilités du numérique.

En 1998, Sous les arbres d’Ajiep décrit les effets de la famine au Sud-Soudan et comment quelques humanitaires tentent d’y remédier.
En 2000, Florent Marcie tourne Saïa, film expérimental sur une ligne de front en Afghanistan, dont il considère aujourd’hui qu’il constitue la genèse de Commandant Khawani. Saïa est projeté au Museum of Modern Art de New York deux mois avant les attentats de septembre 2001.
Florent Marcie a entrepris son premier voyage en Tchétchénie en 1996. Terminé en 2007, Itchkéri Kenti résulte de dix années de réflexions et de voyages au coeur de la résistance tchétchène, pour une fresque sur un peuple en lutte avec le pouvoir central depuis la fin du XVIIIe siècle.

Images du Russe en Tchétchénie, images du Tchétchène selon les Russes, films ethnographiques du passé, bande vidéographique d’un présent simultanément vécu et réfléchi, comme si Fabrice del Dongo regardait la bataille en plan de grand ensemble et en plan trop rapproché… Itchkéri Kenti, histoire subjective d’une situation collective, prend le temps d’exposer et de décrire les différentes formes de conflits, matériels, culturels, temporels, parfois simples mais parfois très inattendus, qui structurent une lutte populaire.

En 2014, Florent Marcie, fresquiste au long cours, termine deux des autres pans de sa trilogie consacrée aux hommes dans la guerre (Tchétchénie, Libye, Afghanistan).
Le second volet, Commandant Khawani, fait le portrait d’un jeune commandant afghan sur la base de Bagram en 2001, au moment de la prise de Kaboul.
Le troisième volet, Tomorrow Tripoli, raconte la lutte d’un groupe de rebelles libyens pendant la révolution, jusqu’à la chute de Kadhafi. À l’occasion de l’avant-première organisée à Sarajevo, cent cinquante ex-révolutionnaires ont affrété un avion au départ de Tripoli pour venir assister à la projection.

Florent Marcie collabore occasionnellement avec la presse écrite (Le Monde, AFP…). Il est membre de WARM, une fondation consacrée aux conflits contemporains. Il travaille à l’écriture d’un essai littéraire, Autopsia, dans lequel il questionne les notions de vérité, d’information et de croyance.

(source : WARM Foundation)

 

Mercredi 4 septembre à 17h

Tomorrow Tripoli, Florent MARCIE, France, 2015, 3h
Aux premières heures de la révolution libyenne, pendant que le monde a les yeux rivés sur Benghazi, un petit groupe d’insurgés défie la dictature à l’autre bout du pays, à Zintan.
Coupés du reste du monde, assiégés par l’armée de Kadhafi, les montagnards vont, contre toute attente, infliger une série de revers aux troupes du régime.
Tomorrow Tripoli relate le combat de ces hommes simples et généreux, emportés par le tourbillon révolutionnaire.

VU PAR LES MUTINS DE PANGEE : Tomorrow Tripoli nous a bouleversé. C’est un choc. Vivre au coeur d’une insurrection pendant plus de 8 mois, passer à travers les balles, toucher la profondeur d’un soulèvement, le coeur des hommes qui se révoltent, qui prennent les armes et qui vont chercher le tyran chez lui… Nous n’avions jamais vu un tel film de cinéma documentaire. Voir ce film en salle est une expérience inoubliable, accroché à votre fauteuil comme si vous y étiez, avec la durée nécessaire pour sentir, saisir, approfondir… comprendre peut-être que le monde est complexe. Si vous n’avez pas cette chance de voir ce film en projection, accompagné d’une rencontre avec le phénoménal Florent Marcie, le DVD devrait compenser le manque, puisqu’il est complété d’un long entretien passionnant avec le réalisateur dont l’expérience et la réflexion sont très précieuses en ces temps de grands bouleversements.

 

 

 

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