Description de l'évènement

Michel LECLERC, France, 2010, 1 h 44 

Scénario : Michel Leclerc & Baya Kasmi ; Image : Vincent Mathias ; Musique : Jérôme Bensoussan & David Euverte ; Interprètes : Sarah Forestier, Jacques Gamblin, Zinedine Soualem, Jacques Boudet, Michelle Moretti et la participation de Lionel Jospin.

Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l’engagement politique puisqu’elle n’hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause – ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu’en gros, tous les gens de droite sont concernés. Jusqu’au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu’avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses…

On le voit, l’arrière-fond du Nom des gens est ouvertement politique, et ses orientations marquées réjouiront, à n’en pas douter, la frange la moins sarkozyste de ses spectateurs. Pour autant, la jospinolâtrie d’Arthur est gentiment moquée, et l’activisme très « physique » de Bahia est regardé avec tendresse mais également un certain recul.

Aussi insaisissable que son personnage féminin, le film s’emploie à brouiller les cartes en multipliant les changements de registres – sans que le résultat cesse jamais d’être équilibré et harmonieux. L’histoire d’amour, touchante, et la satire de l’époque, pertinente, coexistent sans se gêner l’une l’autre. La farce est aérée par des moments d’une belle gravité. Construits à partir de stéréotypes sociologiques assez chargés, tous les personnages, jusqu’aux plus secondaires, sont rendus complexes grâce à une multitude de détails justes qui, petite touche par petite touche, en font des individus à part entière. En cela, le film appelle à regarder au-delà des origines et des apparences.

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